LA BOLIVIE, A L’AUBE DE SES PREMIERES PRIMAIRES – Guillermo Montano

 

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Les premières élections primaires de l’histoire de la Bolivie auront lieu le 27 janvier prochain. Anciens ministres, militantes féministes, journalistes, artistes, hauts fonctionnaires, commerçants, enfants de la rue, universitaires… Guillermo Montano s’est rendu en terres boliviennes pour recueillir un large éventail de points de vue dans la perspective de ce grand rendez-vous citoyen. Il nous livre son analyse.


 

Le 24 août 2018, avec l’adoption de la nouvelle loi sur les partis politiques, le parlement bolivien approuvait aussi l’obligation faite aux formations souhaitant participer aux joutes électorales de se soumettre à l’exercice encore inédit en Bolivie des élections primaires internes. Opportunité d’approfondir la démocratie pour certains, manœuvre pour mettre en difficulté l’opposition pour d’autres, toujours est-il que les premières primaires boliviennes auront bien lieu le 27 janvier prochain. Le Tribunal suprême électoral (TSE), entité chargée de leur organisation, vient de valider la participation de neuf binômes, dont celui très controversé du président et du vice-président en exercice, Messieurs Evo Morales et Alvaro Garcia. Au-delà des bienfaits théoriques de l’exercice, comment les Boliviennes et les Boliviens vont-ils investir ce tout nouvel espace d’expression citoyenne ? Survol du contexte et bouts de réponse1.

 

Un pays en transition2

Le 18 décembre 2005 après plus de vingt ans de gouvernements conservateurs incapables d’améliorer la qualité de vie de leurs populations, la Bolivie, en choisissant Evo Morales comme président, s’engageait avec espoir dans l’aventureuse voie du changement. La concrétisation de cet extraordinaire projet – fragilisé par des discordances au niveau de ses fondements idéologiques3 et furieusement malmené par l’hostilité viscérale de milieux minoritaires capables d’une très active et pernicieuse résistance4 – s’annonçait pourtant compliquée. Malgré ces vents contraires, la promesse de « temps nouveaux » faite par le Mouvement vers le socialisme (MAS) eut le mérite d’enchanter des pans entiers de la société bolivienne et parvint, lors de sa formulation, à susciter un formidable enthousiasme autour d’elle.

La conscience naissante à l’échelle internationale que de nouvelles manières d’envisager la vie en société étaient nécessaires et une approche économique particulièrement originale sont probablement deux des raisons qui expliquent pourquoi un processus aussi téméraire a pu être perçu à un certain moment comme étant plausible5. Par son amplitude et sa profondeur, cette singulière démarche a été à l’origine d’incroyables ouvertures dans l’imaginaire bolivien. Le pays a commencé ainsi à se percevoir et se projeter autrement, ouvrant la voie à une prolifique, étonnante et hétéroclite émergence de contemporanéités nouvelles.

Les grandes majorités, celles historiquement exploitées et discriminées, investissent désormais ces nouveaux créneaux avec engouement. Par contre, une partie des milieux autrefois privilégiés s’accrochent encore aujourd’hui, parfois inconsciemment, à des formes de déni et de résistance empreintes de mauvaise foi, de mépris et d’un racisme insidieux qui n’ose pas dire son nom.

Nul n’ayant l’entière maîtrise des facteurs pouvant déterminer la réussite des mesures envisagées, prises en tenaille entre enthousiasme et sabotage, il était clair depuis le début que la matérialisation du processus de changement bolivien allait être extrêmement laborieuse. C’est surement pour cela que la feuille de route du gouvernement ne visait dans un premier temps qu’une « simple » mise en mouvement via l’application à la fois prudente et volontariste de politiques de transition dans trois domaines prioritaires : la reconquête de la souveraineté, la réactivation productive et la décolonisation des institutions de l’Etat6.

 

 

Quel bilan après 13 ans ?

Traversés par de grands espoirs et de nombreux compromis, les premiers résultats du processus de changement bolivien ne pouvaient être que paradoxaux. Comment expliquer par exemple que cet ambitieux projet de transformation, celui-là même qui a chamboulé de bout en bout le fonctionnement du pays, ait étonnamment débouché sur la plus longue période de stabilité politique et financière de son histoire7 ? Ou comment encore expliquer que la diminution incontestable du niveau de pauvreté ait été accompagnée par des constants accroissements des bénéfices des entreprises privées8 ? Ces déconcertantes réussites et bien d’autres qu’on ne développera pas dans cette analyse9 ne doivent toutefois pas nous faire oublier qu’après plus de dix ans de travail le processus a aussi ses points faibles.

Il y a en effet des dossiers sur lesquels aucune avancée significative n’a été opérée, soit parce qu’il s’agit de problèmes structurels dont la solution ne peut être imaginée que sur la durée, soit parce que le travail fait n’a pas porté les fruits attendus. Relèvent de cette catégorie : l’asymétrie qui caractérise les alliances stratégiques conclues avec des colosses de l’économie mondiale comme la Chine et la Russie, la toujours faible industrialisation du pays, mais aussi et surtout des maux endémiques comme le racisme interne, la corruption, le machisme, la consommation abusive d’alcool ou la violence au sein des familles10.

On peut donc faire le constat que l’évolution des mentalités et des comportements a énormément de peine à suivre le rythme des progrès réalisés en termes d’infrastructure et de matérialité. Ce décalage constitue le principal talon d’Achille du processus et montre avec acuité que les modalités de sa mise en œuvre n’ont pas encore suffisamment incité les citoyens et ceux qui les représentent à adopter des manières de penser et d’agir indispensables à la pérennisation des changements envisagés.

De plus, sur le plan politique, sous l’effet corrosif des résistances conservatrices et des maladresses gouvernementales, des regrettables régressions commencent également à prendre corps : récupération des déceptions au travers de plateformes contestataires dépourvues de substance discursive, neutralisation des mouvements sociaux via l’établissement de liens organiques avec l’appareil d’Etat, refus des partis d’opposition de se repenser dans le cadre du processus en cours, incapacité du gouvernement à renouveler son leadership, durcissement des points de vue, disparition des espaces de concertation et, par conséquent, violente polarisation du climat politique avec la résurgence, de part et d’autre, de pratiques très en dessous du rêve d’une Bolivie habitée par la sagesse11.

Tout bien considéré, la Bolivie de 2018 n’est plus celle de 2005 et même si la tant souhaitée transition vers le changement n’est pas encore un fait irréversible, le pays a déjà bougé et continue à le faire. Indépendamment du fait qu’une partie significative de la population souhaite un renouvellement à la tête du pays, il est indéniable que ceux qui trouvent encore du sens aux mouvements en cours et se disent prêts à en découdre pour les préserver sont toujours nombreux12.

 

 

Les enjeux du moment

En relevant de gros défis, la Bolivie s’est créé des opportunités exceptionnelles : nombreuses initiatives gouvernementales ont aujourd’hui le statut de véritables politiques d’Etat et certaines d’entre elles ont même acquis une envergure continentale13. Dans ce nouveau contexte, il est plus sensé pour le pays d’aller de l’avant que de retourner en arrière. Se rediriger vers la république féodale du XXe siècle serait absolument absurde. Après un premier pas extrêmement difficile et indépendamment des résultats des prochaines élections présidentielles, la majorité de la population semble en effet ne pas avoir envie d’en rester là et rêve d’un deuxième pas qui consolide les avancées obtenues tout en corrigeant les dérives déjà repérées. Un certain nombre d’enjeux sont cruciaux dans cette perspective.

Le premier est celui d’une meilleure compréhension par les citoyens boliviens de la profondeur éthique des changements visés et de la part de responsabilité de tout un chacun au niveau de leur concrétisation. Un projet de la stature du processus bolivien ne peut pas aboutir sans qu’un changement de mentalités s’opère. Or la passivité des citoyens sur ce plan et le reflexe qui consiste à rendre le gouvernement seul responsable des maux qui affectent le pays condamnent la société bolivienne à un dangereux immobilisme.

Un deuxième enjeu concerne la nécessité de rendre plus cohérente l’armature conceptuelle du projet, en particulier au niveau des éléments idéologiques ayant tendance à se contredire mutuellement (par exemple le principe de confrontation contenu dans le slogan révolutionnaire « patria o muerte », versus l’esprit de complémentarité prôné par la philosophie indienne du « vivir bien »)14.

Le troisième défi que la Bolivie doit impérativement relever est celui de la dépolarisation du climat politique, de la régénération des espaces de concertation et de l’assainissement des modalités de gouvernance. Seule façon de permettre la reconstitution de volumes de sérénité et de lucidité suffisants pour relancer intelligemment le processus.

En quatrième lieu, sur la base d’une lecture du chemin parcouru, une redéfinition de priorités s’avère nécessaire. En plus de l’affermissement de la souveraineté nationale et du maintien réfléchi de la justesse des politiques économiques, d’autres sujets réclament un traitement privilégié : la préservation de l’indépendance des organisations de la société civile et une plus grande responsabilisation personnelle vis-à-vis des changements en cours font partie de ceux-ci. En effet, la loi contre le racisme, la loi sur la prévention de la consommation excessive d’alcool et la loi contre les violences faites aux femmes, entre autres, nécessitent aujourd’hui, pour ne pas devenir des écrits sans âme, une mise en action qui n’est plus à ce stade du ressort de l’Etat mais de chaque citoyen !

Finalement, pour ceux qui aspirent aux plus hautes fonctions de l’Etat, il y a un enjeu méthodologique majeur autour de la manière de gouverner, en particulier de la façon de prendre l’avis de la rue, y compris celui de cette partie de la population qui résiste encore à la mise en place d’une nouvelle Bolivie.

Au regard de ce qui précède, il est clair que ce qui devrait concentrer l’attention des Boliviens en ce début d’année est bel et bien la mise en place d’un large échange d’idées permettant l’identification des ajustements concrets capables de donner de nouvelles impulsions aux évolutions en cours. Les inévitables querelles autour de la détermination de l’organisation politique ou du leader le mieux à même de conduire avec succès ces réglages, bien qu’incontournables, ne devraient pas prendre l’ascendant sur l’urgence de débats citoyens à propos de la manière de revigorer et réorienter le processus.

 

 

Et les primaires donc…

Pilotées par un Tribunal suprême électoral qui vit depuis plusieurs mois une crise aigüe marquée notamment par une impressionnante série de démissions, investies à contrecœur par les partis d’opposition dont certains espèrent toujours obtenir l’annulation, suivies avec réticence par les citoyens n’adhérant à aucune des formations en lice, les primaires de janvier 2019, malgré leur valeur intrinsèque, ne semblent pas être de nature à marquer les esprits15.

Le TSE, en acceptant le 4 décembre 2018 la candidature du binôme Evo Morales-Alvaro Garcia, a déclenché comme tous le prévoyaient la colère et la mobilisation des différents secteurs de l’opposition bolivienne16. Du pain béni pour tous ceux qui – à l’intérieur et à l’extérieur du pays – s’accommodent bien des tensions, de la violence et de l’absence de débats. Une circonstance catastrophique pour la majorité de la population bolivienne qui en a par-dessus la tête des conflits dont elle sait qu’ils n’apporteront rien de positif.

Côté partis, le MAS semble prêt pour l’exercice et affiche déjà une incommodante confiance. En ce qui concerne les partis d’opposition, ils font preuve d’une douteuse ambivalence : très critiques quant à l’introduction accélérée du dispositif, la plupart d’entre eux ont pourtant déjà demandé et obtenu le droit d’y participer. Bon signe ? Une partie de l’énergie qu’ils consacrent à attiser les feux de la confrontation pourrait-elle être ainsi investie dans les débats internes propres aux primaires ? Absolument pas car tous les partis pouvant participer à ces primaires (MAS y compris) ne présenteront que des candidatures uniques, le débat interne n’aura donc pas lieu. Le débat entre partis non plus car pour l’heure les formations de l’opposition refusent d’investir ce terrain. Ainsi dévitalisées, réduites à de simples exercices d’intronisation partisane, ces primaires n’apporteront visiblement pas grand-chose, ni en termes d’apaisement, ni en termes d’échange d’idées.

Au-delà de leur valeur principalement symbolique, ces primaires constitueront tout de même un premier test s’agissant de la capacité des partis d’être à la hauteur des enjeux qui secouent la Bolivie. Sauront-ils être vecteurs de sérénité ? Proposer une vision pour le pays ? Apporter des idées pour renforcer la solidité du processusbolivien ? Sauront-ils générer dans l’esprit de l’ensemble de la population un nouvel enthousiasme fédérateur ? Là encore, le doute est de mise car la formulation de programmes de gouvernement, condition sine qua non pour la tenue de débats sérieux sur l’avenir du pays, est pour l’instant désertée par les partis de l’opposition. Ce faisant, non seulement ils affaiblissent leur crédibilité auprès des citoyens non partisans, mais pire encore, ils privent l’ensemble du pays de ce dont il a le plus besoin en ce moment : des débats de fond permettant de dégager des terrains d’entente sur lesquels une saine gouvernance peut être reconstruite.

La manière originale dont ces primaires ouvriront la campagne en vue des élections d’octobre 2019 et les résultats sans surprises qu’elles produiront, ne manqueront cependant pas de donner des indications intéressantes pour la suite. L’importance et le profil de la participation par exemple permettront d’avoir une première idée du poids spécifique des partis en lice. Le nombre des voix qu’ils obtiendront aidera à soupeser leur ancrage citoyen et obtenir une première estimation du vote dur sur lequel ils pourront compter plus tard. La qualité des interventions publiques de leurs candidats donnera quant à elle un premier aperçu de la capacité de ces derniers à susciter l’intérêt de leurs éventuels alliés ainsi que la sympathie d’un électorat dont tout indique qu’il ne fera aucun cadeau au moment de glisser son vote dans les urnes.

Les candidats en compétition ont-ils la stature nécessaire pour gouverner un peuple qui a appris à ne pas se laisser faire ? Pour l’heure, neuf binômes sont encore tentés par l’idée de prendre les rênes du pouvoir. Néanmoins peu d’entre eux sont réellement en condition d’obtenir des scores respectables au premier tour. En outre, et c’est assez surprenant, parmi les candidats conservateurs les plus suivis, il y en a qui donnent l’étrange impression de manquer de conviction. Ils enchaînent les actes manqués et adoptent des postures susceptibles de leur faire perdre des voix, tout en parlant déjà de fraude massive. Seraient-ils plutôt dans une logique insurrectionnelle qu’électorale ? Le double jeu auquel ils se livrent, propre à des tactiques de déstabilisation bien connues, pourrait le laisser penser. Ou bien auraient-ils tout simplement peur de gagner ? On pourrait, là aussi, le concevoir tant il est sûr que, dans un pays devenu exigeant, le vainqueur sera, à coup sûr, attendu à chaque tournant y compris dans ses propres rangs17. Affaire à suivre.

 


Références:

1. Pour déchiffrer correctement ce qui est en train de se passer aujourd’hui en Bolivie, il est indispensable de bien prendre la mesure des dégâts durables produits par l’asservissante ingérence qu’elle subit depuis plusieurs siècles mais aussi de la portée émancipatrice de la singulière révolution dont elle est, depuis 2005, l’héroïque protagoniste. Bien saisir la « longue et difficile marche » du peuple bolivien vers sa concrétisation nécessite qu’on lui accorde le droit de nous surprendre.

2. Le sociologue Fernando Mayorga dans l’introduction de son essai “Cambio politico y transicion estatal en Bolivia” insiste sur le rôle décisif du gouvernement actuel dans la métamorphose du pays : http://www.flacsoandes.edu.ec/system/tdf/agora/files/1233169354.1210707745_1__2.pdf?file=1&type=node&id=61149

3. On parle ici des discordances entre des notions telles que socialisme communautaire et capitalisme indien ; entre approches économiques misant sur l’extractivisme et approches centrées sur la préservation de l’environnement ou encore entre des philosophies conçues autour de la confrontation et d’autres articulées sur la complémentarité. Katu Arkonada, dans un article sur le processus bolivien, évoque certaines de ces contradictions :  http://www.rebelion.org/noticia.php?id=131899

4. Parmi leurs modes opératoires figure le recours au montage de campagnes médiatiques s’inscrivant dans la droite ligne de ce « parajournalisme » dont les fake-news constituent l’expression contemporaine la plus visible. Earle Herrera, professeur à l’Université Centrale de Venezuela, nous dit dans son article ce qu’il pense de cette particulière manière de faire : http://www.radiomundial.com.ve/article/paraperiodismo

5. Viviana Diaz Frias nous dit un peu plus sur le modèle économique bolivien : https://frances.prensa-latina.cu/index.php?option=com_content&view=article&id=881249:le-modele-economique-social-communautaire-productif-et-le-qmiracle-bolivienq&opcion=pl-ver-noticia&catid=69&Itemid=101

6. Luis Alberto Arce Catacora, ancien ministre de l’économie, explique ce choix et d’autres particularités du modèle bolivien dans la revue « Eco-Plural » publiée en août 2015.

7. Gerardo Quelca Salazar, Directeur de Recherche à l’Autorité de supervision du système financier bolivien, dans un article publié en janvier 2018, commente l’effet stabilisateur de la corrélation entre continuité politique et performances économiques : https://www.paginasiete.bo/opinion/2018/1/29/estabilidad-poltica-estabilidad-sistema-financiero-168072.html#!

8. Francisca Guerrero de la revue « Pulso » décrit et analyse les caractéristiques de cet apparent paradoxe :  http://www.pulso.cl/economia-dinero/milagro-economico-los-doce-anos-evo-morales-poder/

9. Des interviews faits en Bolivie entre août et septembre 2018 soulignent l’importance de concrétisations fortes telles que l’approbation d’une nouvelle et très originale constitution, la nationalisation des ressources premières et la reconnaissance formelle des nations indiennes et leur présence désormais effective dans les sphères du pouvoir. Ils signalent aussi des efforts remarquables tendant à moderniser l’administration publique ainsi que la mise en place des mécanismes de décentralisation qui permettent aujourd’hui aux communautés paysannes d’accéder, beaucoup plus que par le passé, à des ressources avec lesquelles de vrais projets de développement locaux peuvent enfin commencer à être envisagés.

10. Synthèse personnelle sur la base d’interviews faits en Bolivie entre août et septembre 2018.

11. En effet, l’immorale manipulation de l’opinion publique, ayant biaisé les résultats de la votation du 21 février 2016, empêchant Evo Morales de briguer un nouveau mandat, et la discutable sentence du Tribunal constitutionnel plurinational du 28 novembre 2017 l’autorisant finalement à le faire, ne sont pas – et de loin – les faits les plus glorieux de l’histoire politique bolivienne.

12. Synthèse personnelle sur la base d’interviews faits en Bolivie entre août et septembre 2018.

13. Par exemple le couloir ferroviaire interocéanique reliant le port de Santos au Brésil avec des ports péruviens : https://blogs.mediapart.fr/guillermo-saavedra/blog/221217/corridor-bi-oceanique-projet-qui-unit-les-ports-de-latlantique-et-du-pacifique

14. L’archipel de compromis sur lequel repose le processus bolivien contient des éléments dont la logique n’est pas encore suffisamment rendue cohérente.

15. Appréciation personnelle sur la base d’un suivi des actualités sur le sujet.

16. Evo Morales arrive en 2019 au terme du nombre de mandats prévus par la constitution bolivienne, mais son parti, moyennant un mécanisme d’interprétation constitutionnelle, a obtenu l’autorisation de soumettre sa candidature au verdict du peuple une nouvelle fois.

17. Synthèse personnelle sur la base de discussions informelles maintenues en Bolivie entre août et septembre 2018 avec un large éventail de citoyens boliviens.

LE SIOUX RUSSEL MEANS EXPLIQUE OÙ SE TROUVE LA BEAUTÉ DU MONDE

 

 

Interrogé en 1976, cet Indien d’Amérique évoquait la difficulté de défendre des valeurs dans une société corrompue par l’argent et l’individualsime.

Quand l’homme, piégé par un individualisme forcené, saccage sa planète en échange de quelques billets, c’est qu’il est grand temps de revenir à l’essentiel. Mais l’essentiel, c’est quoi ? Pour répondre à cette question fondamentale, réécoutons les paroles de Russel Means, un indien d’Amérique qui, en 1976, avait déjà tout compris.

Cette année-là, ce Sioux Oglala avait été interrogé par la télévision française. L’Ina a ressorti cette archive… et il a bien eu raison. Écoutez, car ce petit discours résume très bien quelques-unes des réalités de ce monde :

« C’est trop facile d’être blanc dans ce monde. Pour eux, ce qui compte, c’est l’argent et ce qu’ils appellent les plaisirs de la vie. Alors que pour nous, le plaisir, c’est cette vie qui nous entoure. La vie, c’est l’herbe qui pousse, ce sont nos proches, les nuages, les oiseaux, toutes les choses vivantes qui font notre famille. C’est cela la beauté.

L’homme blanc dit qu’il faut exploiter toutes ces choses pour en tirer du plaisir. C’est du pur égoïsme.

(…)

C’est si facile d’être blanc, de trouver du travail, de ne penser qu’à l’argent. On commence alors à mettre des barrières autour de sa maison. Des barrières autour de sa ville. Des barrières autour de son pays. En fait, on met des barrières autour de soi-même. «

Russel Means, qui s’était notamment fait connaître pour son rôle dans Le Dernier des Mohicans, est mort le 22 octobre 2012. Mais son discours, lui, ne doit pas s’éteindre.

UNE BONNE NOUVELLE – NAISSANCE D UNE BISONNE BLANCHE AU ZOO DE BELGRADE

 

 

Une bisonne blanche, Dusanka, vient de naître au zoo de Belgrade (Serbie) lundi 28 mai. « Selon mes informations, il n’y a pas d’autre bison blanc [d’Amérique] né en Europe », a précisé le vétérinaire du zoo, Jozef Ezvedj. « Actuellement nous veillons à ce qu’elle soit en bonne santé, à ce qu’elle jouisse d’une enfance paisible », poursuit-il.

La naissance d’un bison blanc est un phénomène rare, lié à un gène récessif. Pour plusieurs peuples amérindiens, Sioux, Lakota, Cheyenne, Nez-Percé, Yankton, ou encore Crow, la naissance d’un bison blanc, particulièrement d’une femelle, relève d’une haute importance symbolique.« Peut-être devrions nous les informer. Le bison chez les Amérindiens est très très important en terme de signification mythologique », ajoute Jozef Ezvedj.

 

Sourcefrancetvinfo.fr

 

 

Signification pour les amérindiens :

 

 

 

Le mot-clef de la médecine du bison est l’abondance.

Le bison est associé à l’abondance car il formait l’essentiel de la vie des nations des Plaines du centre de l’Amérique. Le bison donnait tout au peuple. Sa fourrure était utilisée pour fabriquer habitations et vêtements, ainsi que les boucliers de paix. Sa viande était abondante et pouvait nourrir toute la communauté et une seule chasse pouvait alimenter bien des gens pendant une longue période, surtout lorsque l’on prenait la peine de faire sécher la viande et d’en faire du pemmican en la mélangeant avec de la graisse et des baies séchées. Cet aliment très nourrissant pouvait se conserver pendant longtemps. Les os servaient à faire des ustensiles destinés à la cuisine ou à différentes tâches, des outils de guérison et des flûtes. Le crâne représentait le centre de la roue de la médecine, les sabots étaient employés pour faire de la colle, les tendons donnaient les cordes des arcs.

Il est une envoyée céleste associée au bison : la Femme Bisonne Blanche. On dit d’elle qu’elle est la fille du Grand Esprit et qu’elle vient lorsque le peuple a besoin de guidance. C’est elle qui amena aux peuples des Premières Nations le calumet sacré. Dans un temps de famine, une petite bande de Lakotas reçut la visite de la Femme Bisonne Blanche qui leur enseigna comment prier afin de remercier le Créateur pour tout ce qu’il leur donnait. Car, lorsque nous savons remercier pour l’abondance qui nous entoure, nous faisons tourner la roue de la réciprocité.

Le grand bison blanc est l’un des quatre visages de l’oiseau-tonnerre. C’est lui qui génère l’énergie tellurique électro-magnétique qui jaillit du pôle nord, et circule tout autour de la terre, pour entrer au pôle sud, comme un anneau de Torus, un vortex d’énergie perpétuelle. C’est donc la source, la batterie responsable de l’énergie électro-magnétique  et de la toile éthérique qui soutient la terre tout entière.

L’apparition d’un bison blanc parmi les bisons est un signe de renouveau. Cela indique que les prières du peuple ont été entendues et que les promesses de la prophétie seront exaucées.

Ceux qui ont la médecine du bison savent prier pour le peuple et ainsi le maintenir dans la voie de l’abondance. Grâce aux gens du bison, nous ne manquons jamais de rien. Ils savent se relier au Grand Esprit. Ils savent reconnaître qu’ils ne sont rien par eux-mêmes, mais qu’ils sont puissants lorsqu’ils se mettent en lien et en communication avec le Grand Esprit pour le bien de la nation. Ce sont des gens qui sont donc très grégaire et à l’aise dans la foule. S’ils travaillent pour le bien des autres leur énergie est quasi inépuisable. Il y a peu de différence entre les femmes et les hommes dans l’expression de la médecine du bison.

Trouvé sur le blog d’Aigle Bleu

  Etincelle

 

« AVANT QUE NOS FRÈRES BLANCS VIENNENT NOUS CIVILISER… » UN TEXTE PUISSANT

 

Ce texte, qui détaille avec malice tout ce que les colons ont apporté aux Indiens d’Amérique, dit aussi beaucoup de choses sur nos propres habitudes.(Axel Lecrercq)

On dit que la guerre donne toujours raison aux vainqueurs. Mais il n’est pas trop tard pour faire mentir le dicton. Les Indiens d’Amérique ont certes perdu la guerre contre les colons, mais la sagesse de leur pensée perdure et il ne tient qu’à nous de la découvrir ou de la faire revivre, comme ici, avec ce texte puissant attribué à John Fire Lame Deer, un indien Lakota né au début du XXe siècle…

Homme médecin, John Fire Lame Deer (lame deer = cerf boiteux), est né vers 1900 et mort en 1976. Considéré comme le « gardien de la spiritualité et des traditions de son peuple », il a, au cours de sa vie, laissé un certain nombre d’écrits témoignant de la philosophie des Sioux. On lui doit notamment ce texte ironique et puissant détaillant ce que l’œuvre civilisatrice des blancs a apporté au mode de vie indien.

Des mots qui, aujourd’hui encore, nos invitent à réfléchir sur nos propres habitudes. Regardez :

« Avant que nos frères blancs viennent nous civiliser, on n’avait aucune prison. Par conséquent, il n’y avait aucun délinquant.

Nous n’avions pas de clés ni de serrures, donc il n’y avait pas de voleurs.

Quand quelqu’un était trop pauvre pour s’offrir un cheval, une couverture ou une tente, il pouvait recevoir cela comme cadeau.

Nous n’étions tellement pas civilisés que nous n’accordions pas une telle importance à la propriété privée.

Nous voulions posséder des choses pour donner aux autres, s’entraider.

Nous n’avions pas d’argent, pour cette raison, la valeur d’un Homme ne pouvait être déterminée selon sa richesse.

Nous n’avions aucune loi (écrite), aucun avocat (ou procureur), aucun politicien, Par conséquent nous n’étions pas capable de tricher ou d’escroquer autrui.

Nous suivions vraiment une mauvaise voie avant que les hommes blancs viennent, et je ne saurais vraiment pas expliquer comment nous nous y prenions pour nous en sortir sans ces choses fondamentales (c’est ce que nos frères blancs nous ont dit) qui sont absolument nécessaires pour une société civilisée. »

Mêler humour, sagesse et ironie au sein d’une même pensée, voici un tour de force réussi et, surtout, plein de bon sens. Chaque culture a de belles choses à nous offrir. Qu’on s’en inspire !

 
Trouvé sur Positivr.fr
  Etincelle

« NOUS SOMMES LE POUVOIR: UN DISCOURS EXCEPTIONNEL !

A ECOUTER  et à regarder…

Un discours puissant, criant de vérité, prononcé en 1980, par John Trudell, un militant politique, chanteur, poète, écrivain et acteur américain, né le 15 février 1946 à Omaha et mort le 8 décembre 20151 à Santa Clara. D’origine Sioux. Il parle des Améridiens mais aussi de ce qui se passe dans le monde…et qui nous concerne tous…

Etincelle

 

 

 

Trouvé sur Youtube chez Neo NEWS

  Etincelle

 

 

AVANT QUE LES EUROPÉENS NE CRÉENT LES RÔLES DE GENRE, LES AMÉRINDIENS RECONNAISSAIENT 5 GENRES

 

Les chefs de tribu Crow

 

Ce n’est que lorsque les Européens ont envahi l’Amérique du Nord que les amérindiens ont adopté les idées de rôles de genre. Pour les Amérindiens, il n’existait pas de règles que les hommes et les femmes devaient respecter pour être considérés comme des membres «normaux» de leur tribu.

Au moment du premier contact, toutes les sociétés amérindiennes reconnaissaient cinq rôles liés au genre : féminin, masculin, deux-esprits féminin, deux-esprits masculin et transgenre.

Chaque tribu avait son propre terme spécifique, mais il fallait un terme universel que l’ensemble de la population puisse comprendre. Les Navajos se référaient aux Deux-Esprits par le terme Nádleehí (celui qui est transformé), les Lakota par le terme Winkté (indiquant un homme qui a des pulsions de comportement féminin), Niizh Manidoowag (deux esprits) en Ojibwe, Hemaneh (mi-homme mi-femme) en Cheyenne, pour n’en citer que quelques-uns.

Comme le but de « Deux-Esprits » [Two Spirits] est d’être utilisé comme un terme universel en Anglais, il n’est pas toujours traduisible avec le même sens dans les langues autochtones. Par exemple, dans la langue cherokee iroquoise, il n’y a pas de traduction du terme, mais les Cherokee ont beaucoup de termes de variance de genre pour « femme qui se sent comme un homme » et vice versa.

La culture «Deux-Esprits» des Amérindiens a été l’une des premières choses que les Européens ont cherché à détruire et à dissimuler. Selon certaines personnes comme l’artiste américain  George Catlin , la tradition des deux esprits devait être éradiquée avant qu’elle ne puisse finir dans les livres d’Histoire. George Catlin a dit :

« Il faut que la tradition Deux-Esprits des Amérindiens soit éteinte avant de pouvoir la consigner dans son intégralité. »

Avant que les européens ne créent les rôles de genre, les Amérindiens reconnaissaient 5 genres

Cependant, ce ne sont pas seulement les Européens blancs qui ont essayé de cacher toute trace de flexibilité du genre. Selon Indian Country Today , «les moines catholiques espagnols ont détruit la plupart des codes aztèques pour éradiquer les croyances et l’histoire traditionnelles des autochtones, y compris celles qui racontaient la tradition deux-esprits». Tout au long des efforts des chrétiens, les Amérindiens ont été forcés de s’habiller et d’agir selon les nouveaux rôles de genre.

L’un des deux-esprits les plus célèbres de l’histoire était un guerrier Lakota nommé Trouve-les-et-tue-les. Osh-Tisch est né homme et a épousé une femme, mais il portait des vêtements féminins et vivait quotidiennement comme une femme. Le 17 juin 1876, Trouve-les-et-tue-les, a acquis sa réputation quand il a sauvé un camarade pendant la bataille de Rosebud Creek . Un acte de courage intrépide. Voici une photo d’Osh-Tisch et de sa femme.

 

Osh-Tisch (à gauche) et son épouse (à droite)

Dans les cultures amérindiennes, les gens étaient reconnus pour leur contribution dans la tribu plutôt que pour leur masculinité ou leur féminité. Les parents n’assignaient pas non plus de rôle de genre aux enfants, et même les vêtements pour enfants avaient tendance à être neutres en termes de genre. Il n’y avait pas d’idées ou d’idéaux sur la façon dont une personne devait aimer, c’était simplement un acte naturel qui se produisait sans jugement ni hésitation.

Sans stigmatisation négative associée à l’existence des deux-esprits, il n’y a pas eu de cas de représailles ni de violence envers les personnes choisies simplement parce que les individus ont été identifiés comme opposés.

 

 

We’wha (1849-1896), de la nation Zuni, fut l’un des Deux-Esprits les plus célèbres. We’wha était biologiquement un homme et fut engendré avec un esprit féminin. Au dire de tous, elle était d’une intelligence supérieure ; elle devint ambassadrice de la nation Zuni à Washington, D.C. où l’élite la célébra comme « l’homme-femme Zuni ». Cette photo montre We’wha en vêtements féminins traditionnels Zuni.

« Les Deux-Esprits chez les Amérindiens étaient très vénérés et les familles qui en comptaient étaient considérées comme chanceuses. Les Indiens croyaient qu’une personne qui pouvait voir le monde à travers les yeux des deux genres en même temps était un cadeau du Créateur « .

Les influences religieuses ont rapidement entraîné d’importants préjugés contre la «diversité des genres», ce qui a obligé les personnes ouvertes ou androgynes à choisir entre les deux. Ils pouvaient soit se cacher, soit craindre d’être découverts, ou ils pouvaient mettre fin à leur vie. Beaucoup d’entre eux ont choisi cette option.

Je laisserai le mot de la fin au défunt acteur Lakota Russel Means, militant pour les droits indigènes et co-fondateur du Mouvement Amérindien : « Dans ma culture, il y a des gens qui s’habillent à moitié en homme, à moitié en femme. Dans notre langue, nous les appelons Winkte. Si vous êtes Winkte, c’est un terme honorable et vous êtes un être humain particulier, et dans la nation et tous les peuples des Plaines, nous vous considérons comme un enseignant de nos enfants et nous sommes fiers de ce que et qui vous êtes.«

 
  Etincelle

 

STANDING ROCK LA DEFENSE CONTRE L’OLEODUC CONTINUE / MAGNIFIQUE MESSAGE D’UN CHEF SIOUX

 

 

Comme reporté dans plusieurs articles les sioux ainsi que d’autres tribus continuent à se défendre contre la construction d’un oléoduc. Et vendredi derniers ils sont donc allés manifester jusqu’à la Maison Blanche, et c est à cette occasion  qu’un chef Sioux a laissé un magnifique message qui a été repris sur le site de L’AFP.

Etincelle

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Trouvé sur positivr.fr

 

 

 

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Contre le Dakota Access Pipeline, des tipis chez Trump

 

   Etincelle