BONNE ANNEE

 

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Etincelle   (Sarah)

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L’ESPRIT DES FETES, L’ESPRIT DE NOEL – Conrad

 

Je vous partage ici un article écrit par Conrad

 

L’Esprit des Fêtes, L’Esprit de Noël.

 

En ces jours de fêtes, Noël est célébré.
Mais qu’est-il célébré et honoré ?
L’abondance est sur les tables, dans les cadeaux qui sont fait, mais souvent les festivités font oublier l’esprit initial de Noël. Accueillir et manifester l’Esprit Saint. Accueillir et honorer l’incarnation de l’Esprit Saint ici. Et l’accueillir aussi et honorer sa présence en Soi et en tout ce qui est. Accueillir et favoriser aussi cette « réunion » autour de l’Esprit Saint. Se « réunir » dans un esprit d’unité, de bienveillance, de conscience et d’amour.
L’Esprit Saint, c’est aussi l’esprit de l’enfant pur, vrai, sincère, candide qui est en chacun. Manifester l’Esprit Saint, c’est aussi manifester cet enfant.
Mais, dans cette période festive, accueillir et honorer l’Esprit Saint dans un esprit d’unité, de bienveillance et d’amour veut dire aussi accueillir l’autre, tel qu’il est, dans sa différence, quelle que soit sa religion, sa couleur de peau, sa classe sociale, ce qui est perçu comme « différence ».
A la veille de Noël, un homme prend un transport « en
commun », et s’assoit comme tout le monde. Une vielle dame est a coté de lui, et d’un geste quelque peu inquiet et méprisant, change son sac a main de place. Dans son esprit, la dame « l’identifie » et l’associe au « terrorisme » Cet homme est « différent », il est maghrébin…
C’est pourtant mon frère…
Combien de fois, à travers cet esprit de Noël, qui est un Esprit d’Unité et de Réunion, il est pourtant créé la division dans certains esprits…
Combien de fois j’ai vu, pendant ces périodes, des gens s’insulter, ou parfois même se battre,
juste pour une place de parking, ou encore pour être « servi » les premiers…
Certains partent en “guerre”, en confrontation ou en opposition pour si peu de choses… Alors, rappelez-vous de cette phrase :
«Les premiers seront les derniers, et les derniers seront les premiers» …
Beaucoup parlent de paix dans le Monde, souhaitent qu’il n’y ai plus de guerres, de conflits… Pourtant, certaines choses se reproduisent toujours.
Alors je souhaite que toutes celles et ceux qui en parlent puissent devenir un exemple.
En cette période de changements, et spécialement en ces périodes « festives », puisse le regard de l’esprit et du cœur ne pas s’attacher aux choses matérielles. Je souhaite et j’espère que l’Amour puisse s’exprimer en chaque cœur, en chaque esprit, en toute Conscience, avec bienveillance, unité, compassion et Amour, afin qu’il puisse émaner de chacun(e) et ainsi être offert à celles et ceux qui en ont besoin, et au Monde, car en vérité, nous sommes tous ici pour offrir de l’Amour.
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Il n’est pas besoin d’attendre des jours spéciaux pour ressentir ce don d’Amour en SOI, et l’offrir.
En ces beaux jours que vous préparez et partagez avec les vôtres, pensez aussi à toute celles et ceux qui ne savent pas ce qu’est Noël. Pensez à ces enfants aux quatre coins du monde qui ne peuvent manger à leur faim, ou qui vivent dans la rue, sans parents pour leur souhaiter Noël…
Eux n’ont pas besoin d’abondance, mais juste d’un petit geste, une pensée, une intention, un peu d’Amour…
Je vous invite aussi à penser, en conscience, qu’a travers l’abondance qui est sur les tables, et bien en ces jours, la vie de milliers d’animaux sont prises, parfois dans de grandes souffrances, pour que l’homme puisse festoyer sans retenue. Alors, il est bon d’avoir de la compassion pour eux, et d’être conscient de ce qui est.
Beaucoup parlent d’injustices dans le Monde, et souhaitent qu’il n’y ai plus d’élevages industriels, de souffrances chez les animaux… pourtant, certains “réflexes” liés à une certaine facilité de consommation et liés aussi au confort se perpétuent… Alors je souhaite là aussi que toutes celles et ceux qui en parlent puissent devenir un exemple.
Chacun devient un exemple, de par ses modes de comportements et de consommations.
Ainsi, il est essentiel de donner tout ce que nous pouvons, faire ce petit geste, si noble, si naturel, celui d’apporter un peu de lumière et de conscience dans ce monde, vers les proches ou inconnus, au-delà de tout jugement, de couleur de peau, de toute identification, de toute frontières, de toute religion, de tout dogme, sans aucune crainte de devenir vulnérable. Souvenez-vous toujours que l’amour est une force.
Qu’il est bon également d’émaner et d’élever toute vibration d’Amour, de Paix pour que chaque Etre puisse ressentir, ne serait-ce qu’un instant, une Lumière, un peu d’Amour pour réchauffer les cœurs et les esprits. Chacun à la capacité d’être une lumière pour tout ce qui est, et ainsi l’apporter là où elle doit briller, et illuminer ce ( ceux- celle-celui) qui en as besoin.
Chacun peut faire cela chaque jour en vérité, sans attendre un jour spécial…
Alors, en ces jours, je vous souhaite que vous puissiez chacun accomplir ce « don » d’amour.
Je vous souhaite aussi d’heureux jours de partage et d’Amour et de conscience à chacun de vous.
Puissent vos souhaits du cœur se réaliser
Puissiez-vous faire place pleinement à l’Esprit Saint en vous, dans votre « Royaume » intérieur.
Puissiez-vous manifester votre véritable nature, celle d’aimer, sans retenue.
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Je souhaite qu’ à partir de ce nouveau temps, pour le bien et le devenir de la Terre, de tous les règnes, et de l’humanité, et pour pouvoir continuer à célébrer la VIE, nous puissions tous regarder dans cette même direction,… celle de l’amour.
Avec mon Amour Conrad

 

 

mandalalaluna450-1  Etincelle

DAVID BOUQUET, VAMPIRISME ENERGETIQUE ET INDEPENDANCE DU SOI¨ !

 

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Marc Gray interviewe en exclusivité, David Bouquet, Psychologue Psychothérapeute en thérapies brèves, Auteur et Éveilleur, sur le thème suivant : Vampirisme énergétique et indépendance du soi! Il nous parle de ce monde de dépendance, fausse illusion qui recouvre, déforme, usurpe l’illusion d’origine faite pour notre évolution, comme un système froid et inhumain qui a pour mission, pour conserver son semblant de réalité, d’extraire les énergies grossières et subtiles de la Terre et de notre potentiel de transcendance. Considérer que nous sommes des piles utilisées comme des poules énergétiques en batterie est une manière de s’appuyer courageusement sur cette évidence pour nous réapproprier la Conscience qui seule peut nous sortir de l’hypnose et accéder à la source directement sans attachement à aucune forme.

 

Sources :  Youtube    et Freedomufos.com

mandalalaluna450-1 Etincelle

 

MARSEILLE : MOURAD JOUE DU CHOPIN SUR LE PIANO DE L’HÔPITAL

Fan absolu de Chopin, Mourad va enfin avoir droit à son propre piano. Une récompense amplement méritée, compte tenu de son talent et de sa passion

Par

 Axel Leclercq

À 14 ans, Mourad est un jeune prodige doté d’une volonté hors-norme. Puisqu’il n’a pas de piano (alors qu’il maîtrise cet instrument à la perfection), cet adolescent des quartiers nord de Marseille se rend régulièrement à l’hôpital de la Timone dont le hall contient, justement, un piano. Une passion dévorante qui, heureusement, a fini par le faire remarquer !

Un jour, alors qu’il jouait dans le hall de l’hôpital, une personne plus curieuse que les autres a approché Mourad, l’a interrogé et l’a filmé. Depuis, sa vidéo est devenue virale et Mourad a acquis une petite notoriété… et s’est enfin vu offrir un piano ! Une belle histoire résumée ici dans un joli reportage signé France 3. Regardez :

Une récompense méritée. Il aurait été dommage qu’un tel musicien soit plus longtemps privé d’instrument. Et puis, quel plaisir de voir ainsi se briser un cliché !

Vive la musique et belle carrière à Mourad.

Trouvé sur positivr.fr

mandalalaluna450-1  Etincelle

GRÂCE À CETTE VIDÉO, DÉAMBULEZ DANS LES TABLEAUX DE VAN GOGH

Le musée d’Amsterdam consacré à Van Gogh a mis en ligne une vidéo qui plonge le spectateur à l’intérieur des tableaux du maître.

128 ans après sa mort, Van Gogh continue de fasciner le monde entier avec ses peintures immortelles et captivantes. Démonstration avec cette vidéo qui nous plonge de façon inédite et spectaculaire au cœur de l’œuvre de ce génie. Une performance à la fois magique et bluffante.

Le musée Van Gogh d’Amsterdam a publié cette vidéo sur Facebook il y a une semaine seulement. Pourtant, en quelques jours à peine, plus de 4 millions de personnes l’ont déjà visionnée, suscitant des réactions par dizaines de milliers. Il faut dire qu’aucune vidéo ne nous avait encore présenté le travail du maître de façon aussi originale. Regardez :


 

ou à voir     ICI

Grâce à cette technique étonnante, on déambule carrément à l’intérieur des tableaux de Vincent Van Gogh. Une véritable prouesse qui nous en met plein les yeux !

Chapeau.

Trouvé sur positivr.fr

mandalalaluna450-1  Etincelle

LA MACHINE QUI EMMURE LES « SANS-PAPIERS » DANS LA PEUR EST LA MÊME QUI GÉNÈRE DE LA TRISTESSE CHEZ LES AUTRES – Guillermo Montano

Je vous partage aujourd’hui l’article d’un ami qui parle de la cause des sans-papiers

Etincelle

 

 

 

 

Notre dossier sur les « sans-papiers » s’enrichit en ce dimanche de la contribution de Guillermo Montano, acteur clé du tissu associatif et militant dont l’activité vise depuis des décennies à favoriser la cohésion sociale et la reconnaissance des populations migrantes les plus faibles. Sur la base de sa vaste expérience de terrain, il nous propose une analyse globale de la situation des personnes sans statut légal en Suisse. Pour lui, le drame des « sans-papiers » n’est que le miroir grossissant des maux qui traversent nos sociétés.


 

Prologue

Qu’est-ce qui se cache derrière la précarité qui caractérise le quotidien des personnes sans statut légal ? Que couvre le manteau d’invisibilité qui étouffe leur rage de vivre ? Comment, malgré tout, elles réussissent à sauver leur dignité ? En deux actes et cinq scènes, voici une description des profondeurs visqueuses de la clandestinité à partir desquelles les « sans-papiers » contribuent au bonheur des Suisses.

 

Acte 1, scène 1 : Des politiques économiques et migratoires capables d’agir sur le profil de la main-d’œuvre étrangère

Camila Alberti, dans son analyse des politiques d’intégration en Suisse, utilise deux « doubles concepts » qu’elle considère pertinents pour saisir le sens des politiques en question. Elle parle d’une part d’« insertion/exclusion » et d’autre part de « structure/système » – autrement dit, de ce qui entre et de ce qui sort ainsi que de ce qui est figé au niveau des structures et de ce qui pourrait bouger encore1. Elle insiste sur le lien de continuité qui relie en permanence ces duos conceptuels pour préciser ensuite qu’ils fonctionnent en complémentarité dynamique, permettant ainsi d’agir, en fonction des besoins de l’économie et en tout temps, sur les flux migratoires et sur la nature du séjour des migrants vivant en Suisse.

La nouvelle loi fédérale sur les étrangers et l’intégration (LEI) qui entrera en vigueur le 1er janvier 2019 illustre bien la puissance régulatrice et les dévastatrices conséquences sociales de cette particulière manière d’envisager les rapports entre impératifs économiques et déplacement des personnes2.

Les politiques d’intégration conçues sur la base de cette matrice conditionnent le séjour des étrangers aux avantages qu’ils peuvent apporter à la prospérité de la Suisse aisée. Dépourvues de noblesse, leur principal et modeste rôle est celui d’assurer, en temps opportuns, la disponibilité des compétences et de la main-d’œuvre dont les entreprises helvétiques ont besoin pour rester compétitives.

Si l’on prend l’exemple des ressortissants latino-américains désirant travailler en Suisse, il est clair que la relative douceur des restrictions à l’entrée, couplée à la ferme impossibilité administrative d’obtenir une autorisation de séjour, garantit un volume de « sans-papiers » qui parvient avec une étonnante précision à couvrir correctement la demande des ménages suisses de la classe moyenne. La mécanique est bien rodée. Difficile cependant d’objectiver son fonctionnement tant la Suisse, avec le consentement de la majorité de sa population, met en musique ces procédés avec tact, discrétion et subtilité, comme par « surprenante inadvertance ».

En effet, si l’actuel Président des Etats-Unis Monsieur Trump rêve de construire des murs en béton avec, ici et là, quelques portes pour laisser entrer et sortir des migrants en fonction des besoins de l’économie américaine, on pourrait avoir l’impression de se trouver en Suisse face à un complexe système de valves juridico-administratives qui, de manière moins visible mais certainement plus efficace, vont finalement remplir la même mission : fournir à l’économie exactement et en tout temps les forces de travail qu’elle demande, au prix le plus bas possible.

 

Acte 1, scène 2 : Des manières de concevoir l’autre provoquant l’étiolement du tissu social

Qu’il s’agisse des portes sur les murs ou de valves juridico-administratives, on est au final en train de parler tout simplement de frontières. Or comme le disent la journaliste et écrivaine Joëlle Kuntz ainsi que Christelle Maire et Francesco Garufo, la notion de frontière a été béatifiée3 et a pris une place prépondérante dans l’imaginaire politique suisse4. Intouchable, omniprésente, protéiforme, son impénétrabilité infiltre toutes les dimensions de l’humain. Un état de fait qui pénalise bien évidemment les « sans-papiers » mais qui devrait aussi tous nous inquiéter.

En effet, dans nos sociétés contemporaines, derrière les regards sur les « sans-papiers », il y a les regards sur la migration, et derrière ces derniers on sent la vigueur du culte voué aux frontières et une tendance claire à la diabolisation des ceux qui se trouvent du mauvais côté de celles-ci. En prenant le mot « étranger » pour designer cet autre avec qui on n’a rien de commun et en l’amalgamant au concept omniprésent de danger5, le rôle des frontières apparaît dans les représentations des gens comme garantie de sécurité et finit par gagner une écrasante légitimité.

« Sainte frontière » étant ainsi intronisée, peu à peu les barrières entre les territoires se voient renforcées par des clivages entre les populations et ces dernières par des obstacles de plus en plus abstraits rendant les idées, les sentiments et les opinions des gens définitivement immiscibles. Toute différence devient ainsi potentiellement dangereuse. Prendre ses distances devient un réflexe et se sentir esseulé devient progressivement la norme. Cette manière de concevoir les rapports avec ceux dont l’histoire et le quotidien sont différents finit par faire de la situation de chacun un univers cloisonné qui n’a en apparence rien à voir avec le monde des autres.

 

« Prendre ses distances devient un réflexe et se sentir esseulé devient peu à peu la norme »
© Pixabay – Geralt

 

La suite on la connait (et là on ne parle plus uniquement des « sans-papiers » ou des migrants, on parle aussi de vous) : sentiment de désaffiliation, solitude, angoisse, dépression, désespoir, envies d’en finir, et cetera. A qui profitent ces crimes ? S’agit-il « seulement » de meurtres par dol éventuel ?

En arrière-fond du drame des « sans-papiers » qui constituent effectivement une catégorie de gens pour lesquels pratiquement toutes les frontières décrites ci-dessus sont la plupart du temps fermées, il y a une autre réalité moins évidente à percevoir mais tout aussi inquiétante : la possibilité pour chacun et pour chacune d’entre nous de nous retrouver, à un moment ou un autre de nos vies, et de plus en plus, du côté ingrat de l’une ou l’autre des multiples frontières que notre société aime produire. Être ainsi désemparé et aux prises avec un mal-être incroyablement profond.

 

Acte 1, scène 3 : Des sociétés qui sombrent dans la marchandisation des gens

Nos parcours de vie ne sont jamais loin des parcours des autres. Il arrive même qu’ils s’entrecroisent et de ces entrecroisements naissent parfois des voies collectives. Il arrive aussi que celles-ci prennent de l’ampleur, se développent et entrent en lien avec d’autres voies similaires, créant ainsi des parcours sociétaux qui enveloppent non seulement des vies mais également des générations tout entières. Lorsque nous nous sentons pris par ce genre d’expériences, il est parfois plus intéressant de faire parler les autres que de parler soi-même. C’est la raison pour laquelle dans les lignes qui suivent je me pencherai sur les vies de Sazu et Simon, sud-américains tous les deux.

Sazu est une femme d’origine andine. Elle est arrivée à Genève il y a bientôt 50 ans. Après d’interminables années « d’illégalité », non sans peine, elle a finalement réussi à régulariser le statut de son séjour en Suisse.

Simon a découvert l’Europe il y a une centaine d’années. Lui était métis, fils d’un père basque et d’une femme amérindienne. Entrepreneur dans l’âme, sa trajectoire a été marquée par des nombreux échecs et des réussites retentissantes6.

Sazu est aujourd’hui à la retraite et malgré un énorme bagage de savoirs et compétences, sa vie à Genève n’a pas été épanouissante. D’abord baby-sitter, elle est devenue manœuvre puis ouvrière. Lucide, elle a toujours eu conscience qu’elle était exploitée et que si ses patrons s’intéressaient à elle, ce n’était que du fait de son impressionnante capacité de travail. Aujourd’hui, elle sort difficilement d’une longue convalescence.

Simon est mort en 1947 et de sa vie à Genève, il ne reste plus qu’une fondation culturelle et des capitaux financiers qui circulent partout dans le monde sous des formes pas toujours évidentes à tracer. Il a été au début du XXe siècle l’un des hommes les plus fortunés de la planète. D’employé de commerce à mineur indépendant, il est devenu un magnat célèbre, mais aussi un homme en quête permanente de reconnaissance sociale. Malgré sa réussite financière, il a vécu une bonne partie de son existence avec le sentiment qu’il n’était apprécié que du fait de son argent.

En dépit des grandes différences qui séparent ces deux êtres, un trait commun les réunit. Ils n’ont pas été reconnus en tant que personnes à part entière faisant partie de collectivités porteuses de manières propres d’appréhender la vie. Et c’est dommage car l’une et l’autre, depuis leurs perspectives singulières, avaient certainement énormément à partager…

Etre riche ne garantit donc pas forcement le respect. Tout comme être suisse en Suisse ne garantit en rien une intégration satisfaisante. Vivant dans un monde à la merci des egos et des intérêts démesurés, nous – hommes et femmes, jeunes et vieux, avec ou sans papiers – vivons tous dans des sociétés dont les habitants tendent à s’instrumentaliser les uns les autres, à ne considérer leurs prochains qu’à travers ce qu’on peut leur soutirer d’utile : à Sazou son travail, à Simon son argent.

Günther Anders, penseur allemand, dans son livre sur la « destruction de la vie à l’époque de la troisième révolution industrielle », évoquait déjà en 1956 cette tendance à la marchandisation des gens. En faisant le parallèle entre l’obsolescence programmée des objets et celle de l’Homme, il attirait l’attention sur le fait que sous l’influence d’idéaux utilitaristes propres à une certaine modernité, même les êtres humains, sans discrimination d’aucune sorte, risquaient tous de devenir des bêtes objets périssables, corvéables à souhait et voués à la consommation7.

Ainsi, il convient de voir dans les pénibles conditions de vie des « sans-papiers » d’aujourd’hui une sorte de malheureuse prémonition. Ce qu’ils endurent est peut-être l’amer augure de ce qui pourrait nous arriver à toutes et tous dans un proche avenir si nous ne réagissons pas : être considérés et traités en toute impunité comme des simples et vulgaires esclaves ! Fin du premier acte.

 

 

Acte 2, scène 1 : Des communautés ouvertes au partage de ce qu’elles ont de plus précieux

Engloutis par des sociétés qui ne se respectent plus, trop souvent gérées par des élites passées maîtres dans l’art de la fragmentation du corps social et la précarisation des individus, les gens « sans-papiers » parviennent tout de même à survivre et s’en sortir grâce à ce qu’ils sont et à ce qu’ils ont de plus précieux : leurs cultures d’origine. Des cultures souvent imprégnées de la sagesse des peuples anciens et traversées par des valeurs telles que le respect, la complémentarité, la réciprocité mais aussi l’hospitalité, l’amour du travail, le goût du partage et la joie de vivre. Pensons par exemple aux quatre piliers décrits par Paul Cliche sur lesquels la philosophie andine du bien-vivre (Sumaj kausay) repose : le bonheur pour tous, le respect de la nature, l’économie au service de la société, l’équilibre entre tous les aspects de la vie. Ils permettent la prise de conscience, chez chaque individu, de l’intérêt d’un destin universel commun8.

Ce genre de compréhensions du monde, fréquemment inconscientes, sont pourtant très présentes dans les esprits et les manières de vivre de nombreuses communautés migrantes. Sous des formes distinctes et dans une ampleur variable, certes, mais toujours dans des proportions significatives, cette énergie culturelle réapparaît avec vigueur dans tous les gestes de leur vie quotidienne. Son capital culturel est le seul que le « migrant ordinaire » emporte dans sa valise lorsqu’il entreprend son périple. C’est sur lui qu’il s’appuie pour faire face à toutes les adversités qui l’attendent et c’est aussi dans ce même cadre culturel qu’il célèbre les réussites qui lui redonnent, de temps en temps, le sourire. Il s’agit là d’un « détail » importantissime car les aspects sur lesquels ce genre de philosophie insiste sont précisément les mêmes vis-à-vis desquels les sociétés occidentales contemporaines sont en fragilité9.

Ainsi, en vivant et surtout en travaillant en accord avec ces préceptes, les migrants et tout particulièrement les femmes « sans-papiers » exerçant dans les ménages suisses réalisent, depuis plusieurs décennies, sans le savoir et sans que ça se sache, un impressionnant travail de résilience sociale.

Sazu par exemple, lorsqu’elle gardait des enfants, faisait bien plus que simplement veiller à leur sécurité. Elle leur aura aussi appris une nouvelle langue et au moins quatre formes différentes de rire. En témoignant de l’existence de manières autres de voir et pratiquer le monde, elle a contribué à effacer quelques frontières mentales dans la tête des enfants placés sous sa responsabilité. Les liens affectueux qu’elle entretient encore aujourd’hui avec ces enfants, entre-temps devenus adultes, rendent compte de l’importance de ce qu’elle leur aura apporté. Là où elle est passée, en s’appuyant sur sa culture, Sazu a su semer l’amour et la gaîté autour d’elle, sans compter. Comme la plupart de ses copines « sans-papiers » d’ailleurs.

 

« Elle leur aura aussi appris une nouvelle langue et au moins quatre formes différentes de rire »
© Pixabay – stockSnap

 

Acte 2, scène 2 : Des personnes qui vous demandent de les rejoindre dans leur combat pour la dignité

Comme rien n’existe sans son contraire, des lueurs d’espoir s’insinuent même là où l’obscurité règne ! Ces derniers temps par exemple, des signaux encourageants apparaissent autour du « dossier sans-papiers »

La possibilité de prolonger l’opération Papyrus10, ayant abouti en deux ans à la régularisation de près de 2000 « sans-papiers »11, ainsi que la récente création d’un nouveau département au sein de l’administration cantonale voué formellement au rétablissement de la cohésion sociale12, font figure de lumières d’espérance dans un paysage souvent sombre et embarrassant. Ça fait du bien de constater qu’on ne fait pas face à une fatalité et que pour autant qu’on continue à se battre, des solutions peuvent encore être trouvées autant pour les « sans-papiers » que pour le reste de la population suisse.

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre un dialogue imaginaire que j’ai eu avec Sazu. En effet, lorsque j’ai commencé à rédiger ce texte, je me suis posé la question : si Sazu savait que je parle d’elle dans cet article, comment réagirait-elle ? Je me suis dit que dans un premier temps elle s’exclamerait : mon dieu, mais pourquoi tu as fait ça ! Gêné, je lui aurais répondu que connaissant sa difficulté à exprimer en public ce qu’elle pense et sachant pertinemment que ce qu’elle a à dire est très important, après des longues hésitations et ne réussissant pas à la joindre sur son WhatsApp, je me suis permis d’écrire ce qu’elle aurait dit – j’en suis sûr – si elle avait été poussée à le faire.

Après avoir entendu ma réponse en reprenant ses esprits avec un sourire malicieux, elle m’aurait dit : puisque c’est comme ça, n’oublie pas de dire que la machine qui emmure les « sans-papiers » dans la peur est la même qui génère de la tristesse chez ceux qui en ont, qu’au-delà des permis de séjour, on souffre tous du même mal et que parfois, pas toujours, il est important de se mobiliser pour exprimer collectivement notre ras-le-bol par rapport à ce malheur qu’on nous oblige à supporter.

Dis-leur aussi s’il te plait, aurait-elle ajouté, que le 4 décembre dès 20h à la Maison des associations de Genève il y a un rassemblement pour demander la poursuite de l’opération Papyrus et qu’il est indispensable que tous soient là, sans distinction de statut juridique, ni de rien. Ensemble, femmes de ménage, nounous, patrons, patronnes, amis, amies, étudiants, professeurs, civils, militaires, entrepreneurs, employés, croyants, athées, grands, petits, les sérieux, les joyeux, les Suisses, les étrangers, enfin tous, tous ensemble, nous devons exiger que le processus de régularisation facilitée des « sans-papiers » soit maintenu. Défendre la dignité des autres est une belle manière de conquérir la sienne, non ?

Et toujours avec malice, elle me dirait encore : et que ce soit l’avant-dernière fois que tu te permets de parler de moi sans me consulter. Avec une malice du même calibre, je lui répondrais : bien sur Sazu, l’avant-dernière13!

 

« La tâche morale la plus importante aujourd’hui consiste à faire comprendre aux hommes qu’ils doivent s’inquiéter »
– Günther Anders

 


Références :

1. Politiques d’intégration en suisse depuis 1848 : http://doc.rero.ch/record/234654

2. Lisez et jugez par vous-mêmes : https://www.sem.admin.ch/sem/fr/home/aktuell/news/2018/ref_2018-08-152.html

3. A propos de la béatification de la notion de frontière : https://www.swissinfo.ch/fre/economie/1er-août-2018_la-part-de-la-géographie-dans-l-histoire-ou-la-béatification-de-la-frontière/44275376

4. La notion de frontière en tant qu’élément essentiel de l’imaginaire politique suisse : https://journals.openedition.org/hommesmigrations/2658?lang=en

5. Très révélateur, la liste officielle de chiens dangereux approuvée par le Conseil d’Etat est constituée presqu’exclusivement de chiens dont la race est amalgamée à un pays étranger : https://www.ge.ch/document/races-chiens-potentiellement-dangereux/telecharger

6. Simon Patiño, le Roi de l’étain :  https://info.artisanat-bolivie.com/Simon-I-Patino-le-roi-de-l-etain-1869-1947–a246-sm70

7. Considérations autour de l’obsolescence de l’homme : https://journals.openedition.org/questionsdecommunication/2213?lang=en

8. A propos de la philosophie andine du « bien-vivre » ou « sumaj kausay » : http://redtac.org/possibles/files/2017/10/vol41no2_Sumak-Kawsay_Cliche.pdf

https://www.youtube.com/watch?v=3vhL0Vi7b3U
https://www.youtube.com/watch?v=ZUL0bgftBNM

9. A propos des liens entre réciprocité, confiance et pacte social : https://www.lemonde.fr/societe/article/2013/11/15/emile-poulat-sans-confiance-la-vie-en-societe-est-impossible_3514486_3224.html

10. Informations sur l’opération Papyrus :

http://www.sans-papiers.ch/index.php?id=106

11. Opération Papyrus, bilan à mi-parcours : https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Papyrus-a-fait-de-1093-sanspapiers-des-Genevois-comme-les-autres/story/23942930

12. Article de la Tribune de Genève sur la création du département de la cohésion sociale : https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/La-cohesion-sociale-au-cur-de-l-action-de-lEtat/story/25987635

13. Sazu est bien entendu un nom d’emprunt.

 

Trouvé sur jet d’encre.ch

  Etincelle