LA MALEDICTION DES PHOSPHATES : DANS LES COULISSES POLLUEES ET DESERTIFIEES DE L’AGRICULTURE CHIMIQUE

PAR NATHALIE CRUBÉZY, SIMON GOUIN, SOPHIE CHAPELLE 

En France et en Europe, le recours intensif aux phosphates dans l’agriculture provoque un appauvrissement des sols, pollue les rivières et génère la prolifération des algues vertes. Mais d’où viennent ces phosphates chimiques qui nous servent d’engrais ? De leur dispersion dans les campagnes françaises à leur extraction minière, Basta ! a remonté la filière du phosphate jusqu’en Tunisie, longtemps l’un des principaux fournisseurs de l’Europe. Oasis en voie de désertification, pathologies, pollution marine : ses impacts environnementaux, sanitaires et sociaux y sont également désastreux. Le phosphate, meilleur ami des agriculteurs, vraiment ? Reportage.

Pour profiter de ce reportage en grand format, c’est ici.

Sur les plages du Finistère, les algues vertes prolifèrent de nouveau depuis fin mai. A presque 3000 kilomètres de là, sur le littoral tunisien, les habitants de la ville de Gabès sont confrontés à une grave pollution de l’eau, de l’air et de leurs terres, et redoutent la disparition de leur oasis côtière. Le point commun entre ces maux ? Les phosphates.

En Europe, les phosphates sont abondamment utilisés dans l’agriculture comme engrais, en tant que source de phosphore, mais aussi d’azote, de calcium et d’aluminium. Initialement apporté aux cultures sous forme organique (fumiers ou compost par exemple), le phosphore est de plus en plus épandu sur les terres agricoles européennes sous forme chimique [1].

Si les conséquences de la sur-utilisation d’engrais phosphatés sont déjà visibles en France et en Europe [2], qu’en est-il en amont de la filière ? Basta ! a remonté la piste jusqu’en Tunisie où la production et la transformation du phosphate constituent l’un des principaux revenus du pays, avec le tourisme. La Tunisie était rangée au cinquième rang des producteurs mondiaux jusqu’en 2010 (4 % du PIB du pays, 10 % des exportations) [3]. Elle a été, pendant une décennie, l’un des trois principaux fournisseurs d’engrais chimiques de l’Europe, avec le Maroc et la Russie [4]. Confrontée aujourd’hui à des troubles sociaux, l’industrie du phosphate tunisienne est en perte de vitesse. Les contestations qui la paralysent ne sont pas sans lien avec les conséquences environnementales et sanitaires de la production et du traitement du phosphate. Et de décennies d’inconséquences.

Mais où est passée l’eau de l’oasis ?

Pour mieux comprendre l’impact du phosphate sur l’environnement, il faut se rendre à Gabès, à 450 kilomètres au sud de Tunis. Autour de cette ville grise qui borde la Méditerranée, on trouve une ceinture verte de palmiers, d’arbres fruitiers et de maraîchage. Un oasis maritime de 170 hectares où se rencontrent les eaux salées et les eaux douces. Pourtant, en ce mois de mars, seul de petites rigoles coulent ici ou là, dans le fond de la vallée. Une situation exceptionnelle ? Pas vraiment. « Les sources naturelles d’eau ont tari depuis des années », explique Mabrouk Jabri, un instituteur à la retraite. « Maintenant, on n’a accès à l’eau qu’avec des forages », ajoute Abdekhader Béji, un ouvrier agricole.

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Mais où est passée l’eau qui faisait autrefois de cet oasis un petit paradis sur terre ? Tous les témoignages pointent le Groupe chimique tunisien (GCT). En 1970, cette entreprise d’État s’est installée sur les rives du golfe de Gabès. Elle transforme chaque année environ quatre millions de tonnes de phosphate en engrais et en détergent, dont 90 % sont ensuite exportés par bateau vers l’Europe ou le reste du monde. Une petite partie, l’engrais ammonitrate, serait consommée localement. Pour transformer le phosphate, l’usine utilise de l’eau, beaucoup d’eau. 7 à 8 mètres cubes sont nécessaires pour produire une tonne d’acide phosphorique. Soit la contenance de plus de 50 baignoires standard. « Depuis l’installation du GCT, il y a une diminution remarquable de l’eau dans l’oasis », avance Skandar Rejeb, un professeur d’université et membre de l’Association de sauvegarde de l’oasis de Chenini (Asoc).

Photos d’archives du Groupe chimique tunisien :

Photo du GCT, mars 2015 :

L’agriculture dans l’oasis a été bouleversée. Il est de plus en plus difficile de cultiver ses parcelles, particulièrement en été, où les paysans doivent attendre deux mois et demi pour irriguer leurs cultures. « Autrefois, c’était entre 10 et 15 jours », se rappelle l’instituteur Mabrouk Jabri. Puisque l’eau douce se tarit, l’eau salée devient plus présente et détériore les cultures. La biodiversité s’amenuise. « Des espèces d’arbres qu’on voyait dans chaque parcelle disparaissent progressivement, comme les pommiers, les pêchers et les abricotiers », raconte Abdekhader Béji. Face aux difficultés, les jeunes se détournent progressivement de l’agriculture. « L’oasis était un lieu de vie où chaque famille cultivait son lopin de terre. Aujourd’hui, c’est tout un savoir-faire qui est en train de disparaître. » L’oasis ne représenterait plus que 170 hectares. Il en comptait 750 en 1970. Un paradoxe, alors que les phosphates servent à augmenter les rendements agricoles, de l’autre côté de la Méditerranée !

Photos d’archives de l’oasis :

Photo de l’oasis aujourd’hui :

« La mer est malade »

L’agriculture de la région n’est pas la seule à être affectée par le Groupe chimique tunisien. En bord de mer, les chalutiers sont amarrés. Seuls de petits bateaux lèvent l’ancre. L’activité du port tourne au ralenti. « Avant l’implantation de l’usine, le golfe de Gabès était un paradis pour les pêcheurs, car c’est un lieu où les poissons se reproduisent, la pépinière de la Méditerranée, expliquent Abdelmajd Ghoul et Fathi Fetoui, deux armateurs. Aujourd’hui, 90 % des poissons ont disparu. La mer est malade. » Là aussi, le GCT est pointé du doigt : tous les jours, le groupe industriel rejette dans la mer environ 13 000 tonnes de boues chargées en phosphogypse, un des déchets de la transformation du phosphate. « Le fond de la mer est tapissé par ces boues, indiquent les pêcheurs. A cause du manque d’oxygène, les fonds marins se sont désertifiés. Les poissons manquent de nourriture. Et quand le soleil tape sur l’eau, une réaction chimique s’opère entre les boues et l’eau. »

Un désastre environnemental qui débute au pied de l’usine, où des boues noires affluent à longueur de journée et se jettent dans la Méditerranée. Pour les pêcheurs, les conséquences sont désastreuses. Un des deux armateurs employait 15 marins. Ils ne sont plus que sept. Pour trouver du poisson, ils doivent aller plus loin, vers le Nord et la ville de Sfax. Mais cela demande plus de carburant, donc les coûts augmentent. Faute de travail, de moins en moins de pêcheurs ont accès à la sécurité sociale. Certains ont vendu leur matériel ; d’autres continuent leur activité et réparent régulièrement leurs filets pris dans la colle jaunâtre qui tapisse les fonds marins. A cela s’ajoute un problème de surpêche de gros chalutiers et un manque de contrôle des autorités.

Plus de maladies qu’ailleurs ?

En plus des pêcheurs, Gabès a vu ses plages désertées et les touristes disparaître. Les fumées de l’usine et l’odeur de soufre qui rend parfois l’air de la ville irrespirable ont eu raison de son attrait touristique. La dégradation de la qualité de l’air inquiète la population. Les rejets atmosphériques du GCT sont accusés de provoquer des cancers et des cas de fluorose. Cette maladie, Moekles, un jeune informaticien, en est atteint. « J’ai des douleurs aux os, et je peux facilement me casser quelque chose, explique-t-il. Je dois faire attention à chacun de mes mouvements. » Le médecin qui le suit n’a pas fait le lien avec les rejets de l’usine de fluor adossée au GCT. Mais les symptômes de Moekles ne sont pas rares.

Foued Kraiem, le président de l’Association tunisienne de l’environnement et de la nature, suit de près les conséquences de l’industrie du phosphate. Pour lui, la région de Gabès recense une forte densité de maladies, dont des cancers. « Dans certaines familles, plusieurs membres sont malades », atteste t-il, évoquant également des pathologies pulmonaires comme les allergies ou l’asthme. Les malades sont obligés de se rendre à Sfax, à 2h30 de route, pour être soignés, car Gabès n’a pas les infrastructures hospitalières nécessaires. « Nous demandons qu’il y ait une vraie étude épidémiologique, sur 3000 familles », réclame Foued Kraiem. Une étude qui permettrait enfin d’établir les éventuelles responsabilités de l’usine de transformation du phosphates. Et de contrebalancer l’extraordinaire poids économique qu’elle représente à l’échelle de la région, et de la Tunisie !

« Le maximum de bénéfices avec le moins de dépenses possibles »

Dans la région de Gabès, l’usine emploie officiellement près de 4000 personnes. En 2010, le GCT générait 2,1 milliards d’euros de chiffres d’affaires. Des résultats qui sont tombés aux alentours de 700 millions d’euros, en 2012 et en 2013, à cause des grèves (voir ci-dessous) [5]. Malgré cette diminution, l’usine représente une manne financière extraordinaire pour la Tunisie, un véritable poumon économique… aux conséquences désastreuses sur le long terme.

« Quand l’usine de phosphate a été créée, nos parents ont applaudi : il y aura du travail », se souvient Mabrouk Jabri, l’instituteur de Chenini. Quarante ans plus tard, le bilan est catastrophique. Non seulement le GCT n’a pas investi dans le développement social de la région, mais il a détruit son environnement. « L’usine souhaite réaliser le maximum de bénéfices avec le moins de dépenses possibles, regrette Mabrouk Jabri.La région est touchée par la pauvreté culturelle et les problèmes de santé. Le GCT pourrait au moins résoudre ces problèmes grâce aux millions qu’elle gagne par jour. »

Depuis la révolution tunisienne, la liberté d’expression acquise est utilisée pour critiquer l’usine, autrefois intouchable. Les associations foisonnent, les mobilisations aussi. En 2011, les pêcheurs de Gabès ont bloqué le terminal commercial du GCT pendant une douzaine de jours, afin de faire pression pour que les rejets en mer cessent. Les jeunes de Gabès ont profité du Forum social mondial à Tunis, en mars 2015, pour alerter l’opinion publique sur la pollution environnementale. Les associations et les représentants de la société civile participent désormais à des négociations avec l’entreprise. « Avant la Révolution, il était impossible de discuter avec la compagnie », se souvient Mabrouk Jabri.

Entre déni et greenwashing

Le groupe chimique tunisien ouvre désormais ses portes aux journalistes. Il a même recruté un directeur en charge de l’environnement, Noureddine Trabelsi. Dans la salle de réunion sont exposés les différents produits fabriqués sur le site : acide phosphorique, engrais phosphatés, adjuvant d’aliment de bétail… « Nous sommes conscients des problématiques environnementales, que ce soit la pollution atmosphérique ou les rejets en mer, plaide t-il. Mais on injecte 7 millions de dinars dans l’économie de la région. Nous sommes la locomotive de Gabès ! » Face aux critiques, le groupe communique sur les « mises à niveau environnementales » du site de production. Noureddine Trabelsi égrène les millions de dinars investis dans de nouvelles technologies pour réduire, d’ici fin 2015, les émissions d’ammoniac et d’oxyde d’azote. Le groupe espère même « éliminer l’odeur de sulfure  », ce gaz malodorant qui envahit les rues de Gabès par intermittence. Les émissions seront donc toujours présentes, mais bien moins perceptibles, promet-on…

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Si le groupe reconnaît le rejet de phosphogypse en mer – une tonne d’acide phosphorique produite pour cinq tonnes de phosphogypse ! – il dément son rôle dans la dégradation de la faune marine. Mais il admet que la pollution au phosphogypse peut avoir un effet sur la pêche, « l’amenuiser », tout en clamant que « les vrais responsables sont les grands bateaux qui drainent tout ». La responsabilité de la France est aussi pointée du doigt. « La première usine en 1972 a été créée par le SPIE Batignolles (groupe français de BTP, ndlr) qui a programmé ces rejets, rappelle Noureddine Trabelsi. A l’époque, la France rejetait le phosphogypse dans la Seine, avant que ce ne soit interdit à la fin des années 80. On ne savait pas qu’il y avait de la pollution derrière… ». Mais cette ignorance ne suffit plus à tempérer la colère des riverains.

Déplacer la pollution

Au fond de la salle, une immense carte du littoral dévoile les ambitions du groupe.« On va faire six pipelines enterrés sur 23 kilomètres pour transporter les boues de phosphogypse », détaille Noureddine Trabelsi. Soutenu par l’Union européenne, le projet visait initialement à stocker les boues à Ouedref, un village situé à une vingtaine de kilomètres de Gabès. « On a proposé un stockage avec une géomembrane, mais la population a refusé… On vient de proposer deux autres sites à la société civile. » Aux craintes de contamination des nappes phréatiques s’ajoutent celles relatives à la radioactivité des boues. « Avec la Révolution, c’est devenu difficile. Les habitants ne veulent plus de décharges chez eux. Et en même temps, tout le monde veut être recruté par notre groupe. »

Le GCT rejette par ailleurs toute responsabilité dans l’épuisement des nappes. « Notre groupe, c’est 6 % de la consommation d’eau à Gabès. Or, le manque d’eau est dû à l’agriculture qui en consomme 80 % », se défend le responsable environnement de l’entreprise, sans être en mesure de nous transmettre la moindre étude à ce sujet. Une chose est sûre : la consommation d’eau du groupe s’est réduite ces dernières années suite à la division par deux de la production [6]. « On rencontre des difficultés dans l’approvisionnement en phosphates. Il y a des problèmes sociaux dans le bassin minier de Gafsa, là où sont extraits les phosphates. On espère que la situation va se débloquer… »

Dans les mines : « Les oubliés du phosphate »

Les rails qui longent le complexe industriel de Gabès mènent au bassin minier de Gafsa, un parcours de 150 kilomètres vers l’Ouest de la Tunisie. C’est là que les phosphates sont extraits du sous-sol avant d’être envoyés à Gabès pour y être transformés. Là aussi, c’est une entreprise liée aux phosphates, la CPG [7], qui reste le principal employeur de la région. L’entreprise est l’un des plus gros producteurs de phosphates dans le monde (8 millions de tonnes en 2010). Mais a quasiment cessé d’embaucher [8].

« Avec les modernisations des techniques d’extraction, la CPG a besoin de moins en moins besoin d’ouvriers, indique Taoufik Ain, de l’Association du bassin minier pour l’investissement et développement, à Moularés. Il y en avait 15 000 en 1980, on est à 5 000 aujourd’hui. »« En 2014, les pertes, aggravées par la baisse des cours du phosphate – entamée en 2012 et qui pourrait durer jusqu’en 2025 selon la Banque mondiale –, ont atteint 20 millions de dinars (8,8 millions d’euros) en 2014 », précise le journal Jeune Afrique.

Dynamite, poussières, cancers

Dans cette région du Sud-Ouest, le chômage atteint 29 %. A la désespérance sociale se mêlent les problèmes sanitaires. « Les poussières provoquent des maladies respiratoires, des cancers. Il y a aussi des problèmes de dents à cause du fluor présent dans l’eau. Les os peuvent se casser. » L’absence d’hôpital à Gafsa contraint les habitants à se rendre à Tunis ou Sousse. Dans cette zone aussi, les habitants constatent l’épuisement de l’eau souterraine. « Il n’y a pas d’agriculture possible avec ces ressources en eau qui diminuent. »

« Le problème, ce n’est pas le phosphate, mais la façon dont on le traite », précise Zaybi Abdessalem, de l’association Mlal environnement. « Pour l’extraire, on utilise de la dynamite. Les secousses sont entendues tous les jours, à midi. Elles ébranlent les maisons, causent des fissures chez ceux qui sont à un ou deux kilomètres. Plus on met d’explosif pour extraire davantage de phosphate, plus les poussières se dispersent sur le territoire. » Pour éviter que les poussières ne se répandent dans l’environnement, le phosphate doit normalement être humidifié lors du transport.« Comme ils veulent gagner du temps et de l’argent, ils ne le font pas. Au Maroc, ils respectent les normes alors qu’ils extraient deux fois plus de phosphate. Ici, ils veulent en vendre plus et ils se fichent de notre santé ! » Depuis quatre ans, la vie des « oubliés du phosphate » bat au rythme des revendications sociales, des grèves et des mouvements protestataires (voir la bande annonce de Maudit soit le phosphate, un documentaire sur les grèves et leur répression).

http://primed.tv/maudit-soit-le-phosphate/

Trouvé sur bastamag.net
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COMMENT NOUS SORTIR DE LA

 

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Hier, j’ai posté un article sur internet, qui a déjà suscité beaucoup de réactions. En le lisant nous avons du certainement tous et toutes pour la plupart, ressentir la même chose.  De la colère dans un premier temps la peur du manque, la haine, la vengeance, ensuite nous dire que tout cela est injuste et peut-être bien ce sentiment d’impuissance fasse à une situation qui nous dépasse.

S’il est question d’argent et surtout de l’argent dont nous sommes dépossédés, nous constatons que cela fait surgir des problèmes liés à cette situation. L’inégalité entre nous peut créer des tensions. Notre manière de vivre dans un monde dit moderne nous appris en plus la compétition entre nous. De plus le chacun pour soi est bien présent aussi.

Et si cette situation était là aussi pour apprendre à nous dépasser nous-mêmes et nous apprendre à agir différemment. S’il y a bien une chose que nous avons tous encore c’est aussi un cœur et un cerveau qui nous permet de réfléchir au-delà de tous ces sentiments qui sont aussi bien humains.

Nous sommes tous les mêmes et dans les grandes lignes nos ressentis aussi, que nous soyons originaires de n’importe quel pays. Toutes les mères du monde désirent la paix et tous les parents aimeraient le meilleur pour leurs enfants.

Regardons nous tous, d’où que nous venions, que nous soyons à la rue ou pas, que nous n’ayons pas tout à fait les mêmes idées, regardons nous comme des êtres humains responsables et capables de créer et de partager et de nous unir plutôt que de nous diviser.

« C’est la faute à la société, au système » c’est ce que nous disons souvent mais si nous le regardons de cette manière cela nous met justement en situation d’impuissance. Cela nous évite aussi de nous regarder nous-mêmes dans la vie de tous les jours. Notre vie est certes pas évidente. En ce moment il s’agit plus de survivre que de vivre pleinement la vie. Pourtant nous pouvons encore agir  et croire en nous.

Comme le disait l’article, ” Ce n’est pas en nous lamentant que cela fera bouger les choses “  Donc ce n’est pas en répétant que ça ne va pas que cela va changer.

Il y a beaucoup de groupes qui se sont créés pour de nouvelles manières de partager, de consommer, beaucoup d’idées sont là, il suffit que nous continuions ce qui est commencé et de nous unir et de nous entraider.

Je lis souvent bien trop souvent que l’humain serait tellement destructeur et que tout serait perdu. Oui si vous le pensez de cette manière, alors oui ce sera perdu parce que vous ne laissez plus de place à autre chose.

Mais pouvez aussi choisir de voir cette réalité sous un autre angle. Elle est certainement là aussi pour nous faire grandir et faire sortir le meilleur qui existe en chacun et chacune de nous. Et c’est le moment, n’attendez pas demain pour agir.

Etincelle

UNE PIERRE VENUE D’AILLEURS QUI TOUCHERAIT NOS COEURS

L’histoire revêt des allures fantastiques. Pourtant, elle est vraie. Une pierre mystérieuse, récupérée en Uruguay, aurait une fabuleuse influence énergétique sur les personnes qui la côtoient.

Nous sommes plus d’une centaine dans la salle du Miroir de l’Ame (Paris), un lundi à 14 h ! La pierre d’Uruguay semble défier tous nos plannings, et nombreux sont ceux à avoir délaissé leurs activités pour la « rencontrer ». Cette incroyable attraction qu’elle opère serait due à sa capacité à « ouvrir » nos cœurs. Un mystère auquel se sont heurtés bien des scientifiques, sans succès. Seules persistent sa « vibration », et la rumeur des changements « extraordinaires » qu’elle suscite.

Cette géode en agate, de 130 millions d’années, a été découverte il y a plus de 40 ans en Uruguay par Laires Luciano Lucas, extracteur de pierres de père en fils. Bien plus tard, en 2007, c’est lors d’un voyage touristique en Uruguay que Michel Almeras, un français, « rencontrera » la pierre. Une surprenante série de coïncidences l’amèneront en sa présence ; il y restera des heures. Depuis, il la présente dans de nombreux pays. Un projet qui, de son propre aveu, a bouleversé son itinéraire de chef de projets informatiques en entreprise. Ce qui frappe en premier lieu, c’est sa forme, calquée sur celle de l’Uruguay quand on regarde la carte : un cœur ! Autre fait étonnant : les symboles et les écritures en cristaux de quartz inscrits à l’intérieur, qui ont donné lieu à de nombreuses interprétations. Mais l’essentiel n’est pas là !

Au fur et à mesure que Michel nous « conte » la pierre, semble s’opérer une ré harmonisation énergétique sur notre assemblée ; un changement d’ambiance infime, mais perceptible. Comme si la géode, exposée dans la pièce, agissait subtilement sur cette frénésie si courante dans la capitale. L’agitation première, de nature mentale, cède la place à une « énergie » plus douce. Imperceptiblement, chacun se tourne vers son voisin, inconnu ou pas, pour partager. « Difficile d’exprimer ce qu’on ressent », confie Michel Almeras. Hormis qu’à chaque rencontre, le miracle a bien lieu. Au contact de la pierre, chacun se détend puis rayonne. Pour Pierre, un participant, « le but de la pierre, c’est la paix, elle ouvre le cœur ! »

Puis notre hôte aborde les fameuses inscriptions. « Nous allons enfin avoir des explications rationnelles », chuchote un monsieur âgé derrière moi. Pas si sûr ! En effet, ce que les géologues ne s’expliquent pas, c’est la disposition de ces inscriptions en cristaux de quartz. Ces formes spécifiques soulèvent bien des interrogations. La question de la naturalité du phénomène ou d’une éventuelle falsification s’est même posée, tant la pierre est unique à présenter ces symboles. Un mystère qui reste entier pour les scientifiques qui ont cherché à le percer. Et ce ne sera pas faute d’avoir essayé. Il y a quelques années, au sud du Brésil, une équipe de savants, experts en géologie, ont demandé à l’étudier. Leurs travaux ont échoué à « déchiffrer le mystère de la pierre ». Après une après midi entière à la soumettre à des méthodes d’échantillonnage pointues, aux lasers et autres microscopes électroniques, la seule réponse qu’ils fourniront, visiblement confus, sera : « cette pierre est incroyable », sans en dire davantage ! Quatre mots pour seul compte rendu d’une journée entière d’études ! Le fait est que chacun peut en faire une lecture personnelle ; d’aucuns y déchiffreront les initiales de J.C., d’autres un code des atlantes, ou encore la disposition des statues de l’Ile de Pâques.

C’est indéniable, la vibration de la pierre est exceptionnelle. Elle pourrait être d’une autre planète. « Peut-être une météorite qui vient de Vénus », a même entendu Michel Almeras. Un chamane réputé en Uruguay, Paul, témoigne pour sa part de la très forte énergie qui émane de cette singulière géode. Quant à la signification de ce qui est inscrit à l’intérieur ? « Une création de l’univers, avec une programmation spéciale ». Il conclut en disant « qu’il doit y avoir une bonne raison à l’existence de cette pierre. Une bénédiction. » A nous de l’accueillir, dans une présence ouverte, comme nous devrions le faire avec le mystère de la vie.

Plus d’informations

Le chemin du coeur – la Pierre d’Uruguay
Réalisé par Michel Almeras, Bruno Vienne, Damien Geffroy

 

 

 

Trouvé sur INREES

 

Agenda 2015 du parcours de Pierre d’Uruguay

 

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LA DOULEUR DU CORPS EST LIEE A LA DOULEUR SPIRITUELLE ET EMOTIONNELLE

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Des études révèlent que la douleur du corps est liée à la douleur spirituelle et émotionnelle

Lorsque la vie devient difficile, au bout d’un certain temps on a l’impression d’être sur des montagnes russes émotionnelles. Mais saviez-vous que ces émotions peuvent dégrader votre santé physique? Le Dr. Susan Babel, psychologue spécialisée dans la dépression causée par des traumatismes, a déclaré dans le magazine Psychology Today, « Des études ont démontré que la douleur chronique peut être causée par une blessure physique, mais aussi par le stress et les problèmes émotionnels ».

Nous savons tous que le stress émotionnel peut conduire à des maux d’estomac, au syndrome du côlon irritable, à des maux de tête, et même entraîner d’autres plaintes physiques ainsi qu’une douleur chronique. Une raison logique à cela: des études ont montré que plus les gens sont anxieux et stressés, plus leurs muscles sont tendus et contractés, entraînant ainsi au fil du temps une fragilisation et une inefficacité des muscles dans leur ensemble.

« Plus subtilement, on peut développer des symptômes psychosomatiques ou des symptômes liés au stress à cause de problèmes émotionnels non résolus »

« Souvent, la douleur physique avertit une personne qu’il y a encore du travail à faire sur le plan émotionnel, et qu’il peut aussi s’agir d’un signe de traumatisme non résolu dans le système nerveux », poursuit-elle. Mais quelle est la signification des diverses douleurs que vous ressentez? Jetons-y un oeil.

La douleur du corps est liée à la douleur spirituelle et émotionnelle :

1) Des douleurs dans votre tête

Les douleurs dans votre tête, comme les maux de tête et les migraines, peuvent être déclenchées par le stress du quotidien. Assurez-vous tous les jours de prendre assez de temps pour vous détendre. Pratiquez une activité plaisante pour diminuer votre tension.

2) Des douleurs au niveau du cou

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Les douleurs dans le cou peuvent indiquer que vous avez des difficultés à pardonner aux autres, ou même que vous avez du mal à vous pardonner. Si vous sentez des douleurs dans le cou, pensez aux choses que vous aimez chez vous et les autres personnes. Faites délibérément une démarche vers le pardon.

3) Des douleurs dans les épaules

Les douleurs dans vos épaules peuvent indiquer que vous portez un véritable fardeau émotionnel. Voilà d’où vient le dicton « Porter sur les épaules, se dit d’un fardeau dont on a les épaules chargées ». Cherchez à résoudre le problème par des stratégies proactives et faites part de ce fardeau à d’autres personnes dans votre vie.

4) Des douleurs dans le haut du dos

Si vous avez des douleurs dans le haut du dos, vous avez probablement un manque de soutien émotionnel. Vous vous sentez peut-être mal aimé ou vous retenez probablement votre amour. Si vous êtes célibataire, il est peut être temps de chercher quelqu’un.

5) Des douleurs lombaires

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Les douleurs lombaires peuvent indiquer que vous vous souciez trop de l’argent ou que vous êtes en manque de soutien émotionnel. Il est peut être temps de demander une augmentation de salaire pour le travail fourni ou envisager un planificateur financier pour vous aider à mieux gérer votre argent. N’ayez pas peur d’aller vers les autres pour du soutien.

6) Des douleurs dans les coudes

Les douleurs dans les coudes sont dues au fait de résister aux changements dans votre vie. Si vos bras sont rigides, cela peut signifier que vous êtes trop rigide dans votre vie. Il est peut être temps de penser à faire des compromis et de faire bouger les choses. Du moins, de suivre le courant.

7) Des douleurs dans les mains

Avec vos mains, vous établissez le contact et le rapport social avec les autres. Si vous sentez une douleur au niveau de la main, cela peut signifier que vous n’allez pas assez loin. Essayez de vous faire de nouveaux amis. Déjeunez avec votre associé. Établissez un lien.

8) Des douleurs dans les hanches

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Si vous avez peur de bouger, cela peut se manifester par des douleurs au niveau des hanches. Les douleurs aux hanches peuvent être un signe que vous êtes trop résistant aux changements et aux déménagements. Cela peut également se traduire par une prudence dans la prise de décisions. Si vous avez de grandes idées, il est temps de prendre une décision.

9) Des douleurs dans les genoux

Les douleurs dans les genoux peuvent avoir différentes causes, mais cela peut être le signe d’un ego démesuré. Vous pensez peut-être que vous êtes un peu trop merveilleux. Soyez humble. Consacrez un peu de temps à des activités bénévoles. Assurez-vous de vous souvenir que vous êtes mortel. Vous n’êtes qu’un être humain.

10) Des douleurs dans les mollets

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La douleur du corps

Généralement les douleurs dans les mollets se déclenchent par une tension émotive quelconque. Le stress peut aussi être le principal coupable. La jalousie peut entraîner une douleur au niveau des mollets. Il est peut-être temps de lâcher prise.

11) Des douleurs dans les chevilles

Les douleurs dans les chevilles peuvent être le signe que vous vous privez de plaisir. Cela peut indiquer qu’il est temps de pimenter un peu plus votre vie amoureuse.

12) Des douleurs dans les pieds

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Lorsque vous êtes déprimé, il peut vous arriver de ressentir une certaine douleur au niveau des pieds. Trop de négativité peut se manifester par des douleurs dans vos pieds. Cherchez les petites joies de la vie. Adoptez un nouvel animal de compagnie ou trouvez-vous un nouveau passe-temps. Cherchez des moments de satisfaction et de joie.

Comme indiqué dans l’article, « Bien que nous ne soyons pas toujours conscients de l’effet persistant du traumatisme, en croyant que l’événement traumatique est déjà derrière nous, le corps peut avoir des atomes crochus avec des problèmes non résolus ».

La prochaine fois que vous ressentirez une douleur physique, essayez de regarder à l’intérieur de vous-même et soyez attentif à vos pensées, à ce qui vous retient dans le passé, et aux émotions qui vous perturbent. La douleur agit comme un signe d’avertissement spirituel, et que la guérison doit se faire.

Sources La douleur du corps est liée à la douleur spirituelle et émotionnelle: http://simpleorganiclife.org/emotional-pain/ et

 

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LES HIPPIES AVAIENT (PRESQUE) TOUT COMPRIS

Hippies devant le club psychédélique UFO à Londres, en 1967. (Getty Images)

Hippies devant le club psychédélique UFO à Londres, en 1967. (Getty Images)

Comment sauver l’humanité d’une apocalypse écologique? L’économiste de la durabilité Christian Arnsperger propose une boîte à outils étonnante…

La fin du monde aurait pu être communiste: le camarade Leonid Brejnev aurait pu enclencher la procédure, envoyer une averse nucléaire, et on ne serait pas là aujourd’hui pour en gloser. Elle aurait pu consister en un manque de bol: astéroïdes, épidémies, ce genre de choses. Ces jours-ci, l’apocalypse qui nous pend au nez est néolibérale. C’est ce qu’avance Christian Arnsperger 1, économiste spécialisé dans la durabilité, transplanté en 2014 de Louvain à l’Université de Lausanne, dans une communication présentée en juin au colloque «Apocalypse Now»2 , consacrée à la manière d’éviter, si possible, l’effondrement écologique qui nous menace.

Alors, comment? Par un changement sociétal, évidemment. Mais au lieu de détailler la société viable qui nous sauverait, l’auteur décrit les conditions qu’il faut réunir pour qu’elle advienne. Il propose une «méthode architecturale», une matrice servant à générer «une expérimentation de nouvelles formes de vie, basée sur une acceptation lucide, peut-être même joyeuse, des limites de la biosphère». La bonne nouvelle, c’est que «nous avons, grosso modo, tous les outils intellectuels et pratiques à notre disposition: ils traînent juste çà et là, dans le désordre, parfois à des endroits assez surprenants». On peut le dire: la boîte à outils qu’il nous faut rassembler contient de la pensée néolibérale (revue et corrigée), de la contre-culture hippie (décantée et revisitée), ainsi que cette nébuleuse de résistances polymorphes qu’on a appelées «altermondialisme» ou «occupy» et que Naomi Klein appelle aujourd’hui «blocadie» (lire LT du 25.04.2015). Voyons un peu.

«Résister, c’est créer»

«Ce qui m’a mis sur la voie, c’est le livre Résister, c’est créer , publié en 2000 par Florence Aubenas et Miguel Benasayag, raconte Christian Arnsperger. Les auteurs, une journaliste et un philosophe, y développent la notion de résistances émergentes: des formes d’activisme qui ne seraient pas planifiées au sein d’un grand système de pensée préexistant. Ça m’a fait penser à Friedrich Hayek.» Tiens donc. D’un côté, les mouvements contestataires qui, au cours des années 1990, tentaient de dépasser le cadre créé par la mondialisation néolibérale pour expérimenter de nouvelles formes de lien social. De l’autre, la figure la plus notable de l’école autrichienne d’économie, Prix Nobel en 1974, référence majeure de la pensée néolibérale. Pourquoi les accoler?

«Ce qui me semble incontournable chez Hayek, c’est son idée que l’auto-organisation d’une société est l’essence même de la liberté. Une société vraiment libre est une société complexe, où il existe une pluralité d’options: une joyeuse coexistence de visions qu’on laisse se développer et se concurrencer, en évitant de trancher préalablement entre elles par des actes d’autorité.» Un ordre spontané émergerait alors des interactions se déroulant au sein de cette complexité. La forme de cet ordre ne serait pas discernable à l’avance: elle serait indéterminée.

«Cette émergence implique, si on pousse la logique jusqu’au bout, de donner aux citoyens la possibilité d’opter concrètement pour différentes formes d’économie et de société, réfléchissant et expérimentant toutes sortes de pratiques, chacun choisissant sa voie de manière beaucoup plus libre que dans nos sociétés actuelles. En arrière-fond, il y a une conception très exigeante de l’égalité des chances, donnant à tout le monde la possibilité réelle de déterminer sa façon de vivre, de produire, de consommer. Vous voyez, ça sonne déjà un peu hippie…»

Une éthique du sexe et de la transe

En effet. Largement sous-estimée selon Christian Arnsperger, la contribution de la contre-culture chevelue des sixties comprend une critique, une éthique et une méthodologie. «Le mouvement hippie était d’abord une critique en acte. L’appel à drop out (décrocher) invitait à quitter activement la société environnante, sans révolte, sans violence, sans révolution.» Ethique, ensuite: cela inclut une jouissance du corps et de la nature en dehors de l’exploitation marchande, «la libération sexuelle, la glorification de la transe musicale qui conduit à se fondre avec les autres, et même les drogues comme facteur aidant à l’ouverture de la conscience, comme le suggérait l’ethnobotaniste et philosophe Terence McKenna». Loin de ne constituer qu’un défoulement creux, ces éléments devaient contribuer à créer les liens fondant «une nouvelle vie et une nouvelle humanité».

Méthodologie, enfin: «Les hippies ont très bien compris la valeur de la libre émergence, ainsi que ses conditions. Le géographe Warren Johnson a écrit en 1973 le premier essai sur le revenu inconditionnel (l’allocation universelle, le revenu de base) comme outil de politique écologique: pour faire émerger de nouveaux modes de vie, il faut donner aux gens qui veulent changer les choses les moyens de le faire. Une société réellement démocratique en a le devoir. Aujourd’hui, plus que jamais, elle en a besoin.» A côté du revenu de base, la libre émergence qui pourrait nous sauver requiert aujourd’hui, selon Christian Arnsperger, le développement de banques alternatives à vocation socio-écologique, ainsi qu’une pluralisation de la création et de la circulation monétaire.

Individus holistes ou lobotomisés

Revenons à Hayek. En phase avec lui sur l’émergence, les hippies s’en écartent sur la question du cadre où elle peut prendre place. «Il y a un grand paradoxe chez Hayek. Alors même qu’il professe l’émergence libre quasiment comme une religion, il refuse catégoriquement l’idée que des citoyens puissent vouloir faire émerger autre chose que l’économie de marché. Dans La Route de la servitude, son brûlot anticommuniste de 1944, il dénonce les règles du bolchevisme comme liberticides – ce qui se comprend très bien –, mais il ne conçoit pas que les règles du marché puissent l’être aussi. Les hippies l’ont vu: pour eux, la libre émergence ne devait être ni bolchevique/planifiée/étatiste, ni libérale-capitaliste.» L’anarchisme? Non plus. Dans la matrice à utopies réalistes de Christian Arnsperger, le cadre de l’Etat et du droit est indispensable pour que la libre émergence de solutions nouvelles soit durablement possible.

Reprenons le fil. Dans une société libre, selon Hayek comme selon les hippies, l’ordre spontané émerge de l’action des individus. Mais sur l’anthropologie, sur la vision de l’être humain, de ses buts et de ses motivations, les chemins divergent. «Pour Hayek, il n’est pas bon – cela devrait même être interdit – que l’individu réfléchisse sur la totalité sociale: il ne devrait s’occuper que de son intérêt immédiat – optimiser ses actions, investir là où il faut, être compétitif, innover quand c’est nécessaire, consommer, en ignorant tout ce qui se passe autour de lui, sauf les prix, qui lui viennent du marché, et auxquels il réagit.» Cette absence de questionnement «est essentielle chez Hayek, comme dans tout le libéralisme: si les gens commencent à réfléchir sur la société dans laquelle ils voudraient vivre, cela introduit, nous dit-on, des distorsions dans le marché». C’est ainsi que «l’être humain dont le néolibéralisme a besoin pour fonctionner est atomisé, voire lobotomisé: il est censé avoir volontairement abandonné le désir et l’ambition de réfléchir et d’agir au nom du tout». L’éthique hippie, et Christian Arnsperger à sa suite, en appelle, au contraire, à un individu holiste: celui qui agit sur le plan local en pensant à l’échelle globale.

Le retour de la contre-culture

Mais voilà: en dehors des traces extérieures qu’ils ont laissées dans notre style de vie (voyages, vêtements, musique, langage), les hippies comme force de changement sociétal semblent avoir été plus ou moins balayés. «S’ils n’ont pas été pris au sérieux, c’est entre autres parce qu’ils sont arrivés trop tôt, à un moment où les choses allaient encore trop bien: on n’était pas encore face à la menace de l’effondrement écologique – même si certains d’entre eux la pressentaient déjà.» Il faut dire aussi que, en pleine Guerre froide, leur individualisme communaliste – c’est-à-dire visant la valorisation du bien commun – était facile à discréditer comme une variante du collectivisme soviétique.

Il en subsiste malgré tout «un apport éthique et pratique qu’on peut réactualiser pour les temps actuels: on a besoin de ressources de pensée et d’action face à des défis écologiques et sociaux qui n’ont fait que s’accentuer depuis les années 1960». Ce qui bouillottera dans la complexité de l’émergence «ne sera pas purement une société de marché libre, ni une société purement non marchande: ce sera un mélange de plusieurs choses, dont il faudra rendre possible l’existence par des règles appropriées». L’expérimentation maximisera les chances de trouver des solutions qui pourront (peut-être) nous sauver. L’héritage hippie nous fournira un dopant qui nous donnera le courage d’agir: une éthique de la joie, du plaisir hors marché, de l’émerveillement, du lien.

1. Derniers ouvrages parus en français: «Ethique de l’existence
post-capitaliste. Pour un militantisme existentiel» (Cerf, 2009),
«L’Homme économique et le sens de la vie. Petit traité d’alter-économie» (Textuel, 2011).

2. «Apocalypse Now: Neoliberalism and Apocalyptic Narratives», colloque organisé à la Section d’anglais de l’Université de Lausanne par Anas Sareen.

Trouvé sur Le Temps.ch

 

Et oui il y a certainement quelques idées qui pourraient nous être utiles ….

mandalalaluna450 (1)  Etincelle

POUVOIRS ET PUISSANCE INSOUPCONNE, DE NOTRE 2EME CERVEAU

Merci à Merlin, qui nous présente son nouvel article. Article pas très étonnant, quand on sait que le corps a dans sa complexité, les moyens de se défendre,  la découverte mise en avant (qui n’est pas récente), va en rebuter certains au premier abord. Va t-on pouvoir soigner des malades avec ce procédé? Il semble que ce soit le cas. Vos avis sont les bienvenus.(voltigeur)

Tout part des boyaux…

La recherche sur le contenu de nos entrailles donne lieu à de multiples découvertes spectaculaires. La flore intestinale, pardon, appelez-la désormais « microbiote », le nouveau terme en vogue, passionne les scientifiques. Régulièrement, la prestigieuse revue « Nature » fait sa une sur ce sujet.

Ce continent encore inexploré il y a quelques années révèle peu à peu son incroyable luxuriance. A lui seul, le microbiote intestinal pèse 1,5 kilo, recèle 100.000 milliards de bactéries et dix fois plus de cellules que le reste du corps.

Dix millions de gènes bactériens y ont été recensés, dont certains sont liés à des maladies. Aucun doute : le microbiote a un impact direct sur le bon fonctionnement de notre organisme. Hippocrate lui-même ne disait-il pas que « toute maladie débute dans l’intestin » ?

Voyons à présent un aspect peu connu et très prometteur pour soigner toute sorte de maladies, et infections… Le pouvoir du caca !

Atteinte de mucoviscidose, une jeune femme souffrait depuis décembre 2012 de diarrhées récurrentes liées à une infection par une redoutable bactérie, Clostridium difficile. En mai 2014, après l’échec de plusieurs traitements antibiotiques, elle a reçu une transplantation de microbiote fécal à l’hôpital Cochin (Paris).

Singulier traitement : il consiste à introduire dans l’intestin du malade les selles d’un donneur sain. En l’occurrence, le père de cette jeune femme. Cette greffe a éradiqué l’infection.

« La première fois que nous avons entendu parler de greffe de matière fécale, c’était en mars 2013, lors d’une réunion de service à l’hôpital Cochin. Nous avons cru à un canular », avoue le docteur Rui Batista, membre de l’Académie de pharmacie. Mais ce traitement fait désormais l’objet de recommandations internationales : plus de huit fois sur dix, il vient à bout de cette infection  Clostridium difficile.

Comment agit cette transplantation ?

Elle reconstitue une « flore digestive » équilibrée. Sous ce nom fleuri se cachent un menu peuple bactérien, mais aussi des virus et des champignons pullulant dans le secret de nos entrailles. Soit quelque 100 000 milliards de bestioles, dix fois plus nombreuses que nos propres cellules !

Depuis la nuit des temps, nous abritons cette armée de l’ombre. Véritable organe, pesant quelque 1,5 kilogramme chez l’adulte.

Cancers, diabète, infections… Les miracles de la transplantation fécale.

Encore peu mise en œuvre et redoutée des malades, cette pratique est pourtant source d’espoir pour de nombreuses pathologies comme le diabète ou l’obésité.

« Hors de question. C’est dégoûtant ! » Quand le docteur Harry Sokol, gastro-entérologue à l’hôpital Saint-Antoine (Paris), a parlé de transplantation fécale à Raphaëlle, 33 ans, employée dans l’édition, la jeune femme a poussé les hauts cris. Une réaction fréquente à l’annonce de cette intervention encore peu pratiquée, et peu ragoûtante : il s’agit d’introduire les selles d’un donneur sain dans l’intestin d’un malade afin de reconstituer sa flore bactérienne.

C’est pourtant l’une des thérapies les plus prometteuses, à l’heure où l’industrie pharmaceutique peine à sortir de nouvelles molécules efficaces. A l’avenir, elle pourrait bien soigner des troubles aussi lourds que le diabète, l’obésité ou même la maladie de Parkinson ou la maladie de Crohn.

Des dizaines de patients sauvés…

Alors Raphaëlle n’a pas chipoté longtemps. Depuis l’enfance, elle souffre de rectocolite hémorragique, une maladie auto-immune qui donne des diarrhées sanglantes. Son calvaire ne s’arrête pas là : au cours d’un long séjour à l’hôpital, elle a contracté une infection à « Clostridium difficile », une bactérie qui, lorsqu’elle se développe à outrance dans l’intestin, provoque elle aussi de violentes diarrhées.

Chaque année, des milliers de personnes y succombent en France. Dans le cas de Raphaëlle, quatre cures d’antibiotiques n’y ont rien fait.

‘’Je ne pesais plus que 35 kilos. J’avais un petit garçon à élever, je devais passer au-dessus de mon appréhension.’’

Son mari lui a fait don de la précieuse matière, à peine modifiée par l’ajout d’une solution saline.

‘’Une infirmière a ensuite enfoncé dans mon rectum un tuyau très fin sur 20 cm, une procédure parfaitement indolore. C’était presque magique. La flore de mon mari s’est mélangée à la mienne, j’ai senti des gargouillis, j’avais l’impression d’être ensemencée.’’

Dès le lendemain, la jeune femme était sur pieds, avec un transit tout à fait normal. Comme elle, des centaines de patients entre la vie et la mort à cause de la redoutable bactérie ont bénéficié de ce sauvetage de la dernière chance. L’an dernier, la transplantation fécale a ainsi sauvé des dizaines de patients âgés à l’hôpital de la Timone à Marseille, où une virulente épidémie de « Clostridium difficile » sévissait.

Pour l’heure, son efficacité n’a été formellement prouvée que dans les cas d’infections intestinales graves. L’an dernier, une étude parue dans le très sérieux « New England Journal of Medicine » livrait des conclusions retentissantes : face à « Clostridium difficile », les matières fécales sont plus efficaces que les antibiotiques !

Reste à mener à bien des recherches similaires pour d’autres pathologies. Mais « les perspectives sont vastes : traitement du cancer du côlon ou du foie, du diabète, de l’obésité, des inflammations articulaires, de l’autisme.. On est encore à la préhistoire de la transplantation fécale », confirme le professeur Laurent Beaugerie, gastro-entérologue à l’hôpital Saint-Antoine.

Le professeur Dusko Ehrlich, de l’Institut national de la recherche agronomique, coordonnateur du programme dans le cadre duquel une analyse du microbiote intestinal de l’homme a été réalisée, explique :

‘’Le microbiote a longtemps été un organe négligé. Or, sa diversité est cruciale pour rester en bonne santé. On sait maintenant que chez une personne sur quatre, il a perdu de sa richesse, soit 40% de gènes en moins.’’

Selon lui, « cette perte s’explique par différents facteurs : prise répétée d’antibiotiques, alimentation déséquilibrée, naissance par césarienne [par voie basse, le bébé ingère les bactéries présentes dans le vagin de la mère, NDLR] »… Il poursuit :

‘’Les personnes dotées d’un microbiote pauvre en espèces bactériennes ont un risque accru de développer des pathologies graves : diabète de type II, maladies cardiovasculaires, certains cancers… ‘’

Nos boyaux régiraient même la boulimie ou l’anorexie. Selon les travaux du professeur Pierre Déchelotte (Inserm-Université de Rouen), ces troubles du comportement alimentaire seraient en partie dus à une protéine fabriquée par des bactéries du tube digestif.

Une technique ancienne mais peu encadrée…/…

[…]

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Auteur Merlin pour Homme-et-Espace

mandalalaluna450 (1)  Etincelle

LE SILENCE, L’OUVERTURE DU COEUR

Nicholas-Roerich46Par Claudette Vidal.

Le Silence.

Le mental définit le silence comme une absence de pensées. Cette définition est juste, mais incomplète. Le silence est beaucoup plus qu’une absence de mots ou de dialogues intérieurs où de petites voix dans la tête provoquent parfois un vacarme ahurissant.

Que peut-on découvrir dans cette absence de mots ?

Un trésor…

L’absence de paroles est l’antichambre du silence. Loin d’en révéler toute la richesse, elle n’est qu’un présage de sa potentialité. L’exploration du silence ouvre sur un monde insoupçonné et permet de multiples découvertes.

Explorer le silence, c’est un peu comme entrer dans l’océan. Si certains y plongent avec ardeur et assurance, d’autres s’y engagent plus délicatement. Chacun s’y aventure avec une expérience et un talent qui lui sont propres.

Je vous propose une expérience. Avant de poursuivre la lecture de ce texte, prenez quelques instants… pour écouter le silence en vous. Vous pouvez poursuivre votre lecture pour satisfaire une certaine curiosité intellectuelle, mais en faisant cela, vous vous privez d’une expérience nouvelle et profonde. En reconnaissant le silence en vous, vous lui concédez un espace beaucoup plus vaste. Lire en étant habité par le silence, rendra votre lecture plus profonde et plus vivante.

Pour vous aider à rencontrer le silence, vous pouvez mettre votre attention sur cet espace entre vos oreilles. Ensuite, accordez-vous un moment pour bien ressentir ce qui se manifeste en vous.

Si vous êtes sensible, sans doute percevrez-vous que ce texte est écrit à partir d’un espace de silence. C’est lui qui dicte mes mots. Vous pourrez le ressentir en retirant votre attention du texte et sans doute être touché par ce qui en émane.

Au début, le silence est une expérience, celle de la rencontre avec une tranquillité bienfaisante, résultat de l’absence de mots. La solitude dévoile son charme et la paix s’installe. Puis, soudainement, il prend possession de vous. Celui qui cherchait le silence est happé. Le silence l’a aspiré. Tant qu’une pensée ne viendra pas perturber ce précieux moment, les mots resteront dans leur état de potentialité. À l’image d’un piano sur lequel personne ne joue, toute la musique sommeille en attendant les mains de l’artiste.

Ne cherchez pas le silence, laissez-le se révéler à vous. Laissez-le vous pénétrer, vous posséder totalement. Détendez-vous et goutez son aspect cotonneux. Acceptez d’être entièrement absorbé.

Le silence est toujours là, vous tendant les bras. Il ne cesse de vous appeler, il le fait silencieusement. Oserez-vous vous abandonner ?

La dissolution du « je » égotique dans le silence est une grâce. Même si cette expérience est de courte durée, elle permet de renouer avec la vérité à propos de soi. Jamais anodines, ces expériences peuvent être le prélude à une dissolution permanente du faux « je ». Le silence qui vous consume, n’est rien d’autre que vous. Oui, vous !

Soit vous expérimentez le silence, soit vous êtes consumé par lui.

Le silence est une voie royale pour rentrer chez soi, pour découvrir le Soi. Qu’est donc le Soi si ce n’est SILENCE, VACUITÉ ET IMMENSITÉ ? Plonger dans le silence, c’est s’immerger en Soi. Ce Soi qui n’est pas quelque chose que vous avez, c’est ce que vous êtes.

Selon la profondeur où votre conscience peut descendre, différentes strates seront expérimentées : Être – Non-Être – Absolu. Chacune révèle un potentiel qui lui est propre et qui correspond à différents aspects du Soi. Si Être révèle le Soi, Non-être en révèle l’absence et ouvre une porte sur un espace délicat et invraisemblable où le mental n’est pas convié. L’Absolu est difficile à décrire, les mots ne conviennent pas très bien à cet espace, qui combine l’expérience de la douceur infinie, d’une caresse éternelle et d’une insoutenable beauté. S’y retrouver, c’est toucher la grâce.

Le silence guérit les blessures, nourrit l’âme, éclaire l’esprit et apaise le mental. Suite à une pratique assidue, le besoin de silence s’impose et les activités mentales peuvent devenir plus difficiles à supporter.

Croyez-vous encore pouvoir vous passer de dix minutes de silence par jour ? Lorsque vous l’aurez apprivoisé, vous pourriez y prendre goût et même en tomber amoureux.

Odilon Redon23L’Ouverture du Cœur.

L’émouvante beauté de l’être humain réside dans le fait que la sagesse du cœur ne s’acquiert pas soudainement, mais au fur et à mesure que l’amour inconditionnel embrase tout le contenu de la conscience. L’amour transperce chaque création pour révéler le Soi. L’ouverture du cœur trouve son apogée lorsqu’il est réalisé que tout, absolument tout est Soi.

Si l’éveil à Soi est soudain, l’ouverture du cœur est un processus qui s’étale dans le temps. L’ouverture du cœur consiste à embrasser chaque objet perçu comme n’étant pas Soi et à l’aimer jusqu’à ce qu’il soit évident qu’il est Soi.

L’ouverture du cœur débute bien sûr avant l’éveil. Ce dont il est question ici est un processus ultérieur à l’éveil durant lequel certains aspects de la réalité ne sont pas vus comme une expression de l’amour, mais en sont distincts. L’ego continue à s’approprier certaines réalités subtiles et à en rejeter d’autres. La dualité sujet/objet se manifeste occasionnellement jusqu’à ce que l’Unité triomphe.

Ouvrir son cœur, c’est accepter de ressentir toutes les émotions : la souffrance et la joie, la tristesse et l’enthousiasme. C’est voir que tout ce qui existe, la beauté comme la souffrance, est une expression de l’Amour. Ouvrir son cœur, c’est laisser l’amour prendre soin de son vécu. L’amour transforme, guérit et apaise. L’amour nourrit, réconforte et anime. L’amour pardonne et comprend tout.

L’amour permet de compatir avec la souffrance de la victime et de voir derrière le criminel une âme en souffrance qui, dans son aveuglement, détruit autour de lui. L’Amour inclut toutes les expressions de l’amour, même les tourments de son absence. Lorsqu’une personne s’est endurcie et, qu’obnubilée par son égoïsme, elle ne ressent plus son lien avec l’autre, elle crée en elle une tension de rappel parce que ce n’est pas dans l’ordre des choses qu’elle agisse ainsi. Lorsqu’elle s’éloigne de l’amour, elle se crée un enfer qui est aussi une expression de l’amour, de son manque. Le malheur ainsi créé, la souffrance finira par réveiller cette personne qui se retournera vers l’essentiel. La compréhension à propos de l’enfer qu’elle a vécu sera une source d’enrichissement pour elle et les autres.

L’éveil de la conscience sans l’ouverture du cœur aboutit à la formation d’un ego spirituel arrogant, bien loin de l’unité. Sans amour pour accueillir ce qui est vu par la conscience, ce qui est vu ne disparaît pas.

L’ouverture du cœur permet de reconnaître que tout ce qui existe jaillit d’une Source unique, manifeste cette Source et y retourne.

Claudette Vidal

Claudette Vidal.

Source : http://www.urantia-gaia.info (en cas de copie, merci de respecter l’intégralité du texte et de citer la source)

Source.

mandalalaluna450 (1)  Etincelle