COMMUNICATION ANIMALE : LE CADEAU DES ANIMAUX

La communication animale est de plus en plus pratiquée ouvertement en France, mais reste un tabou pour le monde vétérinaire. Au-delà d’une simple « connexion » entre l’homme et l’animal, le phénomène révèle surtout une unité primordiale du vivant dont nous avons largement perdu le sens.

 

Ce jour-là, Muriel, dentiste équine, donne une conférence dans un haras sur sa pratique non-violente de la dentisterie. Après l’exposé, Muriel est sollicitée par une jeune fille pour venir voir son poney, tout près de là. Celle-ci est inquiète à cause de taches colorées sur la gencive de l’animal, mais glisse : « S’il dit quelque chose, je suis preneuse ». Muriel accepte et est habituée à ce genre de prétexte. Pour elle, la communication est un bonus, un « cadeau » que lui font les animaux et qu’elle restitue de la même façon, comme un cadeau. Hors de question de facturer la « prestation », donc. Et pourtant, quelle prestation !

« Ce sont eux les vrais médiums »

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© Jocelin Morisson

« Je lui dis que les taches sont normales parce qu’il est pie au niveau des muqueuse, raconte Muriel par la suite. Et là le poney me dit : “Dis-lui qu’elle est ma troisième gardienne/propriétaire. Ma gardienne précédente est très malade, elle a un cancer là (la tête)”. La jeune fille me confirme ce fait, qui fait partie de l’histoire du poney et qui est la raison pour laquelle il a été confié à cette jeune fille. Puis il me parle pêle-mêle de son grand copain bai, qui est à côté, et du petit chien roux qui aime courir dans ses jambes (qui n’est pas là). La jeune fille me confirme : “Oui, c’est mon petit chien, ils sont très amis, j’ai un peu peur quand il court entre ses pattes”. Tout cela est très simple, très fluide, comme un vrai dialogue. » La jeune fille est souriante mais s’assombrit quand Muriel ajoute : « Il me dit : “Attention au trajet du nerf sciatique ; ça ne va pas du tout”. Est-ce que tu as mal ? » « Non ». « Est-ce que tu as eu mal ? » « Non ». Cette jeune fille fait du spectacle équestre avec son poney et son cheval bai. Muriel sait que l’information est juste, mais elle peut concerner une personne de l’entourage, qui participe au spectacle, etc. Le soir même, la jeune fille donne son spectacle au centre équestre, puis revient voir Muriel un peu plus tard : « Je viens de monter l’escalier pour aller manger, et j’ai mal sur le trajet du nerf sciatique ! C’est incroyable, comment vous faites ? » « Je ne fais rien du tout », répond Muriel. Le poney avait anticipé cette douleur parce que, pour eux, « nous sommes transparents, explique-t-elle. Au plan corporel, surtout, mais aussi psychique. Ce sont eux les vrais médiums, parce qu’ils n’ont pas – c’est ma façon de le comprendre – tout un fatras d’idées, d’interdits, d’obligations, etc., contrairement à nous. »

Le poney avait anticipé cette douleur…

Nouvelle relation à l’animal

En grande majorité des femmes, elles sont « sorties du bois » ces dernières années suite à la médiatisation du phénomène de la communication animale. L’engouement est venu des Etats-Unis, mais rares sont les communicatrices animalières à exercer ici leur art comme un métier à part entière. Désormais « être vivant doué de sensibilité », selon le Code Civil, l’animal change de statut mais aussi de mode de relation à l’humain. L’anthropologue Jérémy Narby note que « le point de vue occidental de ces derniers siècles sur les autres espèces a été de les considérer comme des objets, en niant qu’elles pouvaient être proches de nous et intelligentes ». Le mot « intelligence » lui-même se définit quasi exclusivement en référence à l’Homme, ajoute-t-il. Les choses changent. L’animal de compagnie n’est plus perçu comme un simple agrément mais comme un véritable compagnon, sensible, intelligent et souvent membre à part entière de la famille. Quant aux animaux que nous consommons, que nous exploitons pour leurs sous-produits, ou que nous enfermons dans des zoos ou des cirques, etc., la prise de conscience est rapide que cette relation doit changer. La pratique de la communication télépathique avec les animaux n’est pas étrangère à cette prise de conscience, mais celle-ci se développe, ou en tout cas se révèle aujourd’hui plus facilement, tout en restant dans une certaine marginalité. Contrairement à ce qu’on a pu croire ou espérer, le milieu vétérinaire reste majoritairement fermé à cette réalité, au motif plutôt surréaliste qu’il n’existe pas de preuves scientifiques d’une telle communication. Or, c’est précisément le désintérêt scientifique initial qui est à l’origine de cette absence de démonstration. Bref, un serpent qui se mord la queue et doit certainement dire « aïe ! » à qui veut bien l’entendre… Des recherches sont cependant en cours et deux thèses de doctorat vétérinaire ont déjà été consacrées au sujet.

Savoir accueillir l’autre

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© D.R.

En outre, l’existence de cette faculté est connue dans le milieu vétérinaire. Ils sont nombreux à avoir été témoin de preuves irréfutables, d’animaux ingérables qui se calment instantanément, d’informations précises obtenues on ne sait comment. « Au cours de mes études vétérinaires, j’avais un rêve, raconte Florence-Emmeline, ostéopathe vétérinaire en Ariège. J’imaginais que dans les dix années à venir, au moins les prémices de la communication intuitive seraient enseignées en première année ; le minimum, savoir accueillir l’autre… » Elle a mis en sommeil sa capacité innée à communiquer avec « le vivant » et « l’invisible » au cours de ses deux années préparatoires au concours, mais pensait qu’elle serait mieux acceptée à l’école elle-même. Il y a clairement plus d’ouverture chez les ostéopathes, naturopathes, acupuncteurs, etc. Résultat, elle comme ses consœurs sont débordées, submergées de demandes de la France entière et même de l’étranger.

« Les vétérinaires restent fermés », confirme Sandie, éleveuse de chats de race dans le Gers et qui pratique elle aussi la communication animale depuis l’enfance. « Ils sont sur des connaissances très théoriques, même quand ils font de l’éthologie, du comportementalisme. Quand on leur annonce à l’avance une pathologie, cela les met mal à l’aise. En revanche, certains ostéopathes équins m’envoient des consultants car le travail est complémentaire. » Oui, quand l’ostéopathie est de type « holistique », complète Florence-Emmeline, car l’ostéopathie dans sa vision uniquement mécaniste reste « à mille lieues d’une médecine de l’esprit, et il est possible de faire plus efficace quasiment sans toucher », confie-t-elle.

Les vétérinaires restent fermés…

Un art comme l’orfèvrerie

Comment l’information passe-t-elle ? Les communicatrices ne cherchent pas à rationaliser. « Les informations me traversent ; les choses m’arrivent très clairement, instantanément, explique Muriel. Je ne peux pas dire que ce sont des images, encore que c’est parfois le cas. Récemment un cheval m’a envoyé une odeur effrayante d’incendie, et effectivement il avait vécu un début d’incendie dans son ancienne écurie. Mais le plus souvent ce sont des idées qui m’arrivent, qui me traversent le corps et que je ressors en phrases humaines. » Pour Sandie, la faculté est naturelle : « Je pars du principe que c’est une capacité télépathique que nous avons tous mais que l’on enfouit, à cause de l’éducation, de l’acquisition du langage, etc. Il suffit d’observer un petit enfant, non verbal, avec un animal : il y a des regards, l’enfant regarde le chien et éclate de rire, le chien montre de l’empathie ; une complicité se crée entre les deux alors qu’il n’y a pas de langage parlé. » Il est connu qu’un des pièges de la communication est de prêter aux animaux des idées ou des concepts humains. « Ils ne fonctionnent pas comme nous et il faut les voir dans le respect de leur espèce, souligne Sandie. Il est dangereux de prêter à l’animal des intentions humaines. Ils sont en mesure d’avoir des émotions, de constater des choses, par contre ils ne sont jamais dans le jugement. Ils sont dans l’instant présent, l’amour inconditionnel, et ne font que constater des états de fait. » Cette faculté reste délicate et subtile, selon Florence-Emmeline : « Pour moi c’est un art comme l’orfèvrerie, et en stage je fais surtout travailler la notion de cœur et d’éthique car j’entends trop de monstruosités dans ce domaine. Des gens parlent au nom d’un être qui ne peut pas s’exprimer verbalement, en ne s’étant pas assez affranchis de leurs propres prismes émotionnels, croyances, etc. Alors ils projettent complètement et parlent pour eux-mêmes. C’est le problème du thérapeute qui ne se construit pas lui-même avant de soigner. Cela peut faire énormément de mal, à la personne à qui on retranscrit la communication, le gardien de l’animal, et aussi à l’animal. »

Plus évolués : eux ou nous ?

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© Jocelin Morisson
http://wakama-nagi.org

Pour éviter l’écueil de l’anthropomorphisme, « je fais travailler énormément par le corps, poursuit-elle. On va avoir d’abord des sensations, des ressentis, et cela va remettre en vie le corps, avec toutes les mémoires que l’on porte, nos peurs et toutes nos réactions et nos croyances. Progressivement, quand on rentre en communication c’est comme si on commençait à vider ses “poubelles”. C’est une première phase qui peut durer des années et qui est hyper importante selon moi. » Et d’ajouter : « Je dis souvent aux stagiaires : quand ça parle fort dans la tête, ce n’est pas l’animal, c’est nous. L’animal peut parler beaucoup, énormément, mais on est dans une espèce de tendresse, de murmure… » Des questions surviennent : sommes-nous vraiment plus « évolués » ? Qui est le guide, le compagnon spirituel, de l’autre… ? « Les animaux nous ramènent chaque jour à la réalité en nous disant : “Regardez, il y a plein d’amour autour”, observe Muriel. Ils ne nous jugent pas ; ils posent les choses, ils expliquent. Je reçois en permanence des informations qui me tiraient des larmes autrefois, mais aujourd’hui ils m’ont apaisée. Ils m’ont aidée à comprendre l’incompréhensible, c’est-à-dire la maltraitance animale. » Et comprendre n’est pas accepter ni excuser.
« L’animal a un rôle extraordinaire auprès de l’humain, mais il ne faut pas le voir comme plus ou moins évolué que nous, conclut pour sa part Florence-Emmeline. Il y a une notion de multidimensionnalité en chaque être et d’origine commune avec des teintes semblables et des teintes différentes en chacun. Les Hopis disent que les animaux sont venus des étoiles pour aider l’homme à grandir. La création prend bien soin de nous et franchement ils sont très patients ; c’est donc que l’on doit avoir une vraie beauté à l’intérieur quand même ! »

Pour aller plus loin, découvrez le documentaire INREES TV “Connexions : quand des enfants parlent aux animaux” !

Trouvé sur INREES

 

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