POUVOIRS ET PUISSANCE INSOUPCONNE, DE NOTRE 2EME CERVEAU

Merci à Merlin, qui nous présente son nouvel article. Article pas très étonnant, quand on sait que le corps a dans sa complexité, les moyens de se défendre,  la découverte mise en avant (qui n’est pas récente), va en rebuter certains au premier abord. Va t-on pouvoir soigner des malades avec ce procédé? Il semble que ce soit le cas. Vos avis sont les bienvenus.(voltigeur)

Tout part des boyaux…

La recherche sur le contenu de nos entrailles donne lieu à de multiples découvertes spectaculaires. La flore intestinale, pardon, appelez-la désormais « microbiote », le nouveau terme en vogue, passionne les scientifiques. Régulièrement, la prestigieuse revue « Nature » fait sa une sur ce sujet.

Ce continent encore inexploré il y a quelques années révèle peu à peu son incroyable luxuriance. A lui seul, le microbiote intestinal pèse 1,5 kilo, recèle 100.000 milliards de bactéries et dix fois plus de cellules que le reste du corps.

Dix millions de gènes bactériens y ont été recensés, dont certains sont liés à des maladies. Aucun doute : le microbiote a un impact direct sur le bon fonctionnement de notre organisme. Hippocrate lui-même ne disait-il pas que « toute maladie débute dans l’intestin » ?

Voyons à présent un aspect peu connu et très prometteur pour soigner toute sorte de maladies, et infections… Le pouvoir du caca !

Atteinte de mucoviscidose, une jeune femme souffrait depuis décembre 2012 de diarrhées récurrentes liées à une infection par une redoutable bactérie, Clostridium difficile. En mai 2014, après l’échec de plusieurs traitements antibiotiques, elle a reçu une transplantation de microbiote fécal à l’hôpital Cochin (Paris).

Singulier traitement : il consiste à introduire dans l’intestin du malade les selles d’un donneur sain. En l’occurrence, le père de cette jeune femme. Cette greffe a éradiqué l’infection.

« La première fois que nous avons entendu parler de greffe de matière fécale, c’était en mars 2013, lors d’une réunion de service à l’hôpital Cochin. Nous avons cru à un canular », avoue le docteur Rui Batista, membre de l’Académie de pharmacie. Mais ce traitement fait désormais l’objet de recommandations internationales : plus de huit fois sur dix, il vient à bout de cette infection  Clostridium difficile.

Comment agit cette transplantation ?

Elle reconstitue une « flore digestive » équilibrée. Sous ce nom fleuri se cachent un menu peuple bactérien, mais aussi des virus et des champignons pullulant dans le secret de nos entrailles. Soit quelque 100 000 milliards de bestioles, dix fois plus nombreuses que nos propres cellules !

Depuis la nuit des temps, nous abritons cette armée de l’ombre. Véritable organe, pesant quelque 1,5 kilogramme chez l’adulte.

Cancers, diabète, infections… Les miracles de la transplantation fécale.

Encore peu mise en œuvre et redoutée des malades, cette pratique est pourtant source d’espoir pour de nombreuses pathologies comme le diabète ou l’obésité.

« Hors de question. C’est dégoûtant ! » Quand le docteur Harry Sokol, gastro-entérologue à l’hôpital Saint-Antoine (Paris), a parlé de transplantation fécale à Raphaëlle, 33 ans, employée dans l’édition, la jeune femme a poussé les hauts cris. Une réaction fréquente à l’annonce de cette intervention encore peu pratiquée, et peu ragoûtante : il s’agit d’introduire les selles d’un donneur sain dans l’intestin d’un malade afin de reconstituer sa flore bactérienne.

C’est pourtant l’une des thérapies les plus prometteuses, à l’heure où l’industrie pharmaceutique peine à sortir de nouvelles molécules efficaces. A l’avenir, elle pourrait bien soigner des troubles aussi lourds que le diabète, l’obésité ou même la maladie de Parkinson ou la maladie de Crohn.

Des dizaines de patients sauvés…

Alors Raphaëlle n’a pas chipoté longtemps. Depuis l’enfance, elle souffre de rectocolite hémorragique, une maladie auto-immune qui donne des diarrhées sanglantes. Son calvaire ne s’arrête pas là : au cours d’un long séjour à l’hôpital, elle a contracté une infection à « Clostridium difficile », une bactérie qui, lorsqu’elle se développe à outrance dans l’intestin, provoque elle aussi de violentes diarrhées.

Chaque année, des milliers de personnes y succombent en France. Dans le cas de Raphaëlle, quatre cures d’antibiotiques n’y ont rien fait.

‘’Je ne pesais plus que 35 kilos. J’avais un petit garçon à élever, je devais passer au-dessus de mon appréhension.’’

Son mari lui a fait don de la précieuse matière, à peine modifiée par l’ajout d’une solution saline.

‘’Une infirmière a ensuite enfoncé dans mon rectum un tuyau très fin sur 20 cm, une procédure parfaitement indolore. C’était presque magique. La flore de mon mari s’est mélangée à la mienne, j’ai senti des gargouillis, j’avais l’impression d’être ensemencée.’’

Dès le lendemain, la jeune femme était sur pieds, avec un transit tout à fait normal. Comme elle, des centaines de patients entre la vie et la mort à cause de la redoutable bactérie ont bénéficié de ce sauvetage de la dernière chance. L’an dernier, la transplantation fécale a ainsi sauvé des dizaines de patients âgés à l’hôpital de la Timone à Marseille, où une virulente épidémie de « Clostridium difficile » sévissait.

Pour l’heure, son efficacité n’a été formellement prouvée que dans les cas d’infections intestinales graves. L’an dernier, une étude parue dans le très sérieux « New England Journal of Medicine » livrait des conclusions retentissantes : face à « Clostridium difficile », les matières fécales sont plus efficaces que les antibiotiques !

Reste à mener à bien des recherches similaires pour d’autres pathologies. Mais « les perspectives sont vastes : traitement du cancer du côlon ou du foie, du diabète, de l’obésité, des inflammations articulaires, de l’autisme.. On est encore à la préhistoire de la transplantation fécale », confirme le professeur Laurent Beaugerie, gastro-entérologue à l’hôpital Saint-Antoine.

Le professeur Dusko Ehrlich, de l’Institut national de la recherche agronomique, coordonnateur du programme dans le cadre duquel une analyse du microbiote intestinal de l’homme a été réalisée, explique :

‘’Le microbiote a longtemps été un organe négligé. Or, sa diversité est cruciale pour rester en bonne santé. On sait maintenant que chez une personne sur quatre, il a perdu de sa richesse, soit 40% de gènes en moins.’’

Selon lui, « cette perte s’explique par différents facteurs : prise répétée d’antibiotiques, alimentation déséquilibrée, naissance par césarienne [par voie basse, le bébé ingère les bactéries présentes dans le vagin de la mère, NDLR] »… Il poursuit :

‘’Les personnes dotées d’un microbiote pauvre en espèces bactériennes ont un risque accru de développer des pathologies graves : diabète de type II, maladies cardiovasculaires, certains cancers… ‘’

Nos boyaux régiraient même la boulimie ou l’anorexie. Selon les travaux du professeur Pierre Déchelotte (Inserm-Université de Rouen), ces troubles du comportement alimentaire seraient en partie dus à une protéine fabriquée par des bactéries du tube digestif.

Une technique ancienne mais peu encadrée…/…

[…]

Lire la suite de l’article

Auteur Merlin pour Homme-et-Espace

mandalalaluna450 (1)  Etincelle

Laisser un commentaire

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Changer )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Changer )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Changer )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Changer )

Connecting to %s