PHYTOREMÉDIATION : LES PLANTES PEUVENT GUÉRIR LES SOLS.

Plomb, cadmium, solvants, nitrate, PCB… Autant de cochoncetés qui pourrissent les sols.

C’est dit, l’activité humaine a une fâcheuse tendance à saloper l’environnement, et plus particulièrement les sols de notre belle planète. La phytoremédiation pourrait être un moyen de reconquérir ces zones actuellement impropres à la culture. C’est une science toute récente encore à l’état expérimental qui commence tout juste à trouver des applications pratiques et viables sur le terrain afin d’offrir des solutions durables.

Le fait est qu’il y a de plus en plus d’individus à nourrir et qu’il importe de reconquérir des zones agricoles actuellement inexploitables tant les poisons qui les souillent sont nombreux, variés, en sur-dose et tenaces. C’est une véritable gageure agricole mais aussi sanitaire. Alors, des plantes peuvent-elles purifier les sols des PCB, redoutables perturbateurs endocriniens ? Peut-on débarrasser le riz de l’arsenic ou le thé du plomb et du cadmium ? Et surtout, nous français, trouvera-t-on un moyen de sauver notre pinard en débarrassant les terres à vignobles des teneurs incommensurables en cuivre provoquées par l’abus de l’utilisation de la bouillie bordelaise ??? (Et dire qu’on nous serine que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé !!!)

Sur le terrain

Au pire il faut parvenir à circonscrire les produits toxiques histoire qu’il ne s’étendent pas aux nappes phréatiques et donc à l’ensemble du vivant. Au mieux, il faut parvenir à nettoyer les sols.

phytoremediation02La phytoremédiation ou l’utilisation des plantes pour soigner les sols – est une discipline prometteuse qui pourrait aider si elle est utilisée à bon escient. Depuis les années 1990, les expérimentations s’intensifient et sont déployées hors des laboratoires en vue d’assainir les sols… Pour autant, si la phytoremédiation est un espoir indiscutable, ses applications jusqu’ici présentent un bilan en demi teinte, surtout aux Etat Unis où, dans certain cas, les effets collatéraux ont été aussi mauvais que les pollutions qu’elle était sensée combattre. La moutarde indienne permet d’extraire le plomb des sols : sa culture a nécessité la blinde de produits chimiques qui ont fini par souiller les nappes phréatiques ! Les américains, toujours eux, grands apprentis sorciers naïfs au manichéisme hollywoodien ont tenté de dépolluer des sols du nickel grâce à une OGM turque de leur invention, OGM qui s’est révélée par la suite invasive et coriace… et qui a signé l’arrêt du projet.

Ces exemples permettent d’illustrer et de comprendre toute la complexité du traitement des sols bien différent du traitement de l’eau ou de l’air. La phytoremédiation ne peut fonctionner que si l’environnement de la plante et son écosystème global et local est prise en compte : des feuilles aux racines. En effet, c’est par les racines que travaille la plante en synergie avec les micro-organismes qui peuvent se révéler parfois plus toxiques, mobiles et réactifs que les polluants d’origines….

 

800px-Principes_phytoremediation

 

Contenir la pollution

Pour autant, la recherche et ses applications continuent activement. Près de cinq cents espèces de plantes hyper accumulatrices sont identifiées à ce jour, capables d’extraire le nickel, le zinc, l’arsenic, ou encore le cadmium.

Ainsi , en Lorraine, le projet Lorver, initié en 2012, permet de stabiliser les polluants de friches industrielles – évitant leur propagation dans l’air, l’eau et le vent – tout en valorisant ces terres aujourd’hui à l’abandon. Cette phytostabilisation permet notamment de contenir des toxiques que l’on ne sait pas encore traiter. Les chercheurs ont choisi de planter du chanvre et des peupliers, des plantes offrant des débouchés économiques (dans les domaines du textile, des nouveaux matériaux composites, de l’énergie…) ce qui permet de rentabiliser le projet.

Dans le Nord, sur un ancien site pollué aux dioxines, ou encore dans le Tarn une équipe de chercheurs mise sur le géranium pour piéger des métaux lourds. Claude Grison, directrice du laboratoire Chimie bio-inspirée et Innovations écologiques, a quant à elle développé un nouveau procédé de phytoremédiation unique au monde. Avec la commune de Saint-Laurent-le-Minier, un petit village du Gard, elle mène depuis 2008 avec son équipe au sein du CNRS, une vaste opération de dépollution de l’ancien site minier du village. Celui-ci contient de telles quantités de zinc et de plomb que la récolte des fruits et légumes est interdite. Grâce à trois plantes locales aux propriétés exceptionnelles (Iberis intermedia, Anthyllis vulneraria et Noccaea caerulescens), les métaux lourds du sol sont absorbés. Les plantes sont ensuite récoltées et valorisées grâce à un nouveau procédé de chimie verte entièrement écologique. Et dont le résultat final intéresse des sociétés japonaises avec qui le CNRS, qui possède onze brevets sur ces découvertes, a signé un contrat. L’innovation devrait être étendue à trois sites en Nouvelle-Calédonie, tandis que des projets sont en cours au Gabon, en Grèce, au Japon et en Chine.

Sur chaque site, il s’agit d’une opération sur mesure en adéquation avec les plantes locales. Mais, grâce à ces nouveaux procédés, la pollution initiale devient aussi une nouvelle ressource économique entièrement verte, rendant viable les projets dans le temps. C’est nécessaire car, sur des sites très pollués comme Saint-Laurent-le-Minier, la dépollution des sols pourra prendre jusqu’à cinquante ans…

Il faut également trouver la plante qui aidera nos amis japonais ingénieurs chez TEPCO à Fukushima en décontaminant les sols et la flotte de toute la radioactivité issue de la centrale. Mais ce n’est pas gagné si l’on en croit l’observation de la dégradation des végétaux de Tchernobil, 30 ans après.

On peut enfin regretter qu’à tout point de vue nous ne sachions sortir d’une logique purement capitalistique de profit tangible où un projet aussi louable soit-il dans ses intentions environnementales ne pourra survivre s’il ne justifie pas économiquement son existence… Je suis sûr que les générations futures sauront nous remercier.

Si vous voulez en savoir plus sur la phytoremédiation, rendez-vous sur Wikipedia.

 

Trouvé sur hydrophonie.fr

Des solutions apparemment il en existe mais encore faut-t-il qu’on ne nous mette pas des bâtons dans les roues quand on veut les utiliser.

mandalalaluna450 (1)Etincelle

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